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Catégorie : Actualités

  • Comment aider les femmes à briser le plafond de verre. Interview d’Emmanuelle Brun-Neckebrock, Directeur Financier et Directeur Général Délégué des filiales du groupe SAP en France.

    Comment aider les femmes à briser le plafond de verre. Interview d’Emmanuelle Brun-Neckebrock, Directeur Financier et Directeur Général Délégué des filiales du groupe SAP en France.

    Emmanuelle Brun-Neckebrock, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    Je suis diplômée d’HEC et j’ai démarré ma carrière dans l’audit au sein du Cabinet Arthur Andersen où j’ai passé pratiquement 10 ans. J’ai rejoint le groupe SAP comme contrôleur de gestion de la région Europe du Sud et je suis assez rapidement devenue Directeur Financier de la filiale française. J’ai par la suite pris des fonctions régionales sur la région EMEA et ai finalement décidé de revenir sur la France à la naissance de mon deuxième enfant, il y a un peu plus de 10 ans.
    Je suis aujourd’hui Directeur Financier et Directeur Général Délégué des filiales du groupe SAP en France, également responsable de nos activités en matière de développement durable.
    Mon métier d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui que j’exerçais à mes débuts chez SAP, la taille de la société a plus que doublé, en France nous sommes passés de 500 à un peu plus de 2000 personnes, enfin l’organisation des fonctions régaliennes dont la Finance a été significativement modifiée et fortement globalisée. Aujourd’hui dans mon quotidien la part des techniques financières a été beaucoup réduite au profit du pilotage général de l’entreprise.
     
    Avez-vous éprouvé en tant que femme des freins personnels à votre carrière ?  Si oui, lesquels ? Et quels ont été les moyens mis en place pour lever ces freins ? 
    J’ai toujours évolué dans un milieu plutôt masculin , depuis le lycée , section scientifique au fin fond de mon auvergne natale , il y 35 ans , nous étions 2 filles sur une classe de 30 ! puis une prépa et une grande école , et cela ne m’a jamais gênée , au contraire j’estime avoir bénéficié de beaucoup de bienveillance de la part de mon entourage masculin sans pour autant avoir développé une passion pour le foot ou le rugby !
    Là où la situation a un peu basculé, c’est à la naissance de mes enfants, pas tant dans ma capacité à tout mener de front sur le plan matériel car j’ai eu la chance d’être bien aidée, et je suis dotée de pas mal de résistance et d’une bonne capacité d’organisation, mais plutôt sur le plan émotionnel.
    J’ai besoin de partager le petit-déjeuner de mes enfants, d’être là pour consoler leurs chagrins et  leur faire réciter leurs poésies, de les accompagner à leurs rendez-vous médicaux …
    Je ne sais pas s’il faut parler de freins ou de mise en cohérence, mise en cohérence de nos choix de carrière avec qui nous sommes et les valeurs que nous souhaitons incarner.
    Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre qu’il n’est pas forcément nécessaire de sillonner le monde pour s’épanouir professionnellement et que les carrières ne sont pas forcément linéaires !
     
    Quelles sont les selon vous les raisons du faible niveau de présence des femmes dans les instances et les obstacles auxquels elles font face pour accéder à des postes de pouvoir ?
    En France , nous avons la chance d’avoir un référentiel réglementaire qui pousse les entreprises à faire évoluer leur modèle de gouvernance pour le rendre plus inclusif .
    La loi Copé-Zimmermann, adoptée en 2011, qui a fixé un quota de 40 % de femmes dans les conseils d’administration, a porté ses fruits : avec 43,6 % de femmes dans ces instances de gouvernance, la France est championne du monde !
    Et pourtant , les femmes restent encore aux portes du pouvoir et les comités exécutifs (comex) ou de direction (codir) sont encore largement composés d’hommes. Les femmes ne représentent que 22 % des effectifs au sein de ces comités contre 13,4 % il y a 5 ans . Espérons que la pression réglementaire induite par l’adoption récente de la loi Rixain contribue à l’accélération nécessaire .
    La conformité réglementaire ne peut cependant pas être l’unique moteur de la diversité .La clef est certainement d’asseoir et de partager la conviction que la diversité est source d’innovations durables, et que pour mieux répondre aux challenges du monde de demain, il faut intégrer toutes les parties prenantes.
    Il faut probablement s’interroger à la fois sur la rétention et le développement des talents féminins, mais aussi sur l’attractivité des postes à responsabilité , qui ne doivent pas être synonymes de renonciation à certaines valeurs .
    A cet égard , il me parait capital de travailler sur la culture managériale et sur la flexibilité des trajectoires , en acceptant d’alterner les paliers et les phases ascendantes en fonction des moments de vie et de développer des alternatives au up or out.
     
    Selon vous, quel est l’impact de la présence des femmes dans la gouvernance des organisations sur les décisions ?
    Nous sommes actuellement dans un environnement caractérisé par des changements technologiques , sociaux et environnementaux majeurs et de plus en plus rapides.  Nous pensons d’ailleurs chez SAP que nous sommes en réalité face à la 3eme vague de transformation économique globale, et que les business modèles qui ne répondent pas aux exigences d’inclusion sociale , de transparence et de respect de l’environnement sont condamnés à disparaitre.
    La  transition vers le modèle économique et social de demain requiert une refonte profonde de la culture et des opérations de l’entreprise et demande d’agir à tous les niveaux de l’organisation pour se réinventer .
    Les leaders de demain sont ceux et celles capables d’incarner cette culture de l’innovation et de l’apprentissage continu , dans un contexte de plus en plus complexe et volatile .
    La diversité m’apparait comme l’élément le plus critique de la mise en œuvre d’une culture et d’une stratégie d’innovation .
    J’ai d’ailleurs envie de croire que les nominations récentes de femmes à la tête de géants du CAC 40 s’inscrivent dans cette vague de changement .
     
    Le Figaro a écrit en 2011 : SAP met son énergie au service des femmes ? Au-delà du jeu de mot original, pourriez-vous nous expliquer comment ?
    La diversité et le respect sont des valeurs fondamentales pour le groupe SAP. Impulser le changement et faire bouger les lignes font partie de nos ambitions .
    L’année dernière, la région Europe du Nord , dont la France,  a agi en tant que pilote mondial pour une initiative incroyablement passionnante et importante – le défi du leadership inclusif consistant en la mise à disposition des managers d’une plateforme interactive composée de nudges et de micro learning sur le comportement inclusif afin de challenger son comportement dans le cadre de  mises en situations réelles.
    Le projet pilote a été un énorme succès, recevant un grand niveau d’engagement et de retours positifs, ce qui a conduit à un déploiement mondial sur l’ensemble de nos activités commerciales.
    De nombreuses études montrent que les interventions ponctuelles ne modifient pas le comportement et la culture,
    En réponse,  la plateforme propose  un flux constant de micro-apprentissages et de mises en situation afin de mettre en pratique un nouveau mode de leadership plus inclusif.
    Nous avons également participé à la définition de la charte « Femmes & IA » du Cercle InterElles . Celle-ci vise à lutter efficacement contre les risques de biais cognitifs discriminants lors de la conception ou lors de l’utilisation de solutions ou de dispositifs à base d’intelligence artificielle.
    Enfin , nous avons beaucoup travaillé en lien avec nos partenaires sociaux sur l’égalité professionnelle et sommes fiers de l’amélioration enregistrée cette année où nous SAP affichons un Index de 89/100 en 2022au titre de l’année 2021, versus 76/100 l’an dernier.
    Nous ne sommes pas au bout du chemin , il reste beaucoup à faire , mais nous y croyons et on avance !
  • Interview de Mehdi Laraki, président Réseau Entreprendre Maroc sur le programme Wom’Energy.

    Interview de Mehdi Laraki, président Réseau Entreprendre Maroc sur le programme Wom’Energy.

     
    Peux-tu te présenter en quelques mots ?
    Mehdi Laraki, J’ai eu la chance de pouvoir intégrer le réseau en 2010 grâce à un ami très engagé Aziz Qadiri. A ce jour, Réseau entreprendre m’apporte énormément de joie dans l’accompagnement d’entrepreneurs au Maroc. J’ai été pendant 2 mandats : administrateurs et par la suite j’ai pu prendre le poste de président du réseau au Maroc. Depuis cette année, j’attaque mon second et dernier mandat en tant que Président. La force de notre association est cette bienveillance et ce sentiment de faire partie d’une grande famille. Cela ne se limite pas qu’au Maroc mais dans chaque pays où les valeurs humaines sont partagées. Nous n’attendons rien en retour car l’Ego et l’intérêt sont deux valeurs inexistantes au sein du Réseau ;
     
    Quel est ton regard en tant qu’homme mais aussi chef d’entreprise et président d’association sur l’égalité-l’équité hommes et femmes ?
    Je commencerais par un proverbe qui me tient à cœur à savoir « La femme est le rayon de la lumière divine ». ce qui me dérange dans ce que nous nommons l’égalité hommes et femmes est le mot égalité. Cela nous pousse déjà dans un rapport de force et de différence. Dans toutes cultures la sensibilisation doit se faire dès le plus jeune âge. Nous avons toutes et tous nos forces et nos faiblesses. En appliquant certaines valeurs du réseau à tout moment de notre vie et en mettant en avant la personne et la réciprocité nous ne penserons plus à l’homme ou à la femme mais à la personne ayant un potentiel d’entreprendre avant tout. 
     
    Qu’as-tu mis en place dans ton association en faveur de l’entrepreneuriat au féminin ?
    Je ne souhaite pas parler à la première personne mais plutôt d’une dynamique de groupe qui a su mettre en place des actions naturelles. En effet nous pouvons soulever plusieurs réalisations à savoir :
    • 80 % des collaborateurs au sein de Réseau Entreprendre Maroc sont des femmes
    • Nous avons pu négocier une garantie de la CCG (caisse centrale de garantie) pour les PH octroyés par les banques. Nous avons une garantie de 70% pour tous les projets portés par des hommes et de 80% par des femmes. Les chiffres parlent d’eux même.
    • Certains organismes financiers ou fondations privées ont signés des partenariats d’accompagnement avec des fonds dédiés à l’entreprenariat féminins.
    • Juste avant la crise sanitaire lors de notre grande fête de Lauréat, le thème choisi était de mettre à l’honneur l’entreprenariat féminin
    Nous travaillons sur plusieurs autres projets qui ont pour but la sensibilisation à l’entreprenariat féminin. Actuellement nous sommes fiers d’avoir des Lauréates qui sont parvenu à se développer à l’international.
     
  • Interview de Katia KAZANDJIEFF, Directrice Générale de la société Euroflux, membre et référence Wom’Energy chez Réseau Entreprendre Essonne.

    Interview de Katia KAZANDJIEFF, Directrice Générale de la société Euroflux, membre et référence Wom’Energy chez Réseau Entreprendre Essonne.

    Peux-tu te présenter en quelques mots ?
    Katia KAZANDJIEFF, Directrice Générale de la société Euroflux qui est une PME familiale industrielle créée il y a 32 ans par mon père ; société qui est spécialisée dans l’ultra filtration de l’air et notamment dans l’étude et la conception de salles blanches et de flux laminaires pour les secteurs pharmaceutique, électronique, biotechnologies, aéronautique et différents secteurs industriels.
    Mon aventure avec le Réseau Entreprendre Essonne débute avec ma rencontre d’Alain Combe, qui m’a conquise par ses projets, les valeurs qu’il défend sur l’entrepreneuriat et cette vocation autour de la création d’emploi.  Je suis donc arrivée fin d’année 2021 avec la volonté de m’investir dans le Réseau Entreprendre et d’intégrer le conseil d’administration.
    Quel est ton regard sur l’égalité-l’équité hommes et femmes ?
    Il est indispensable pour moi de communiquer sur l’égalité des femmes vis-à-vis des hommes et notamment dans les milieux techniques, industriels ou les femmes sont sous représentées.
    Dans mon quotidien de DG, aujourd’hui je suis entourée d’une vingtaine de collaborateurs dont seulement 20% de femmes. Un constat que je fais pour beaucoup d’entreprise dans le même secteur. Mon objectif à moyen terme est d’augmenter ces chiffres pour disposer d’une véritable mixité au sein de mes équipes, car à mon sens c’est une des clés de la réussite !
     
    Pourquoi c’est un sujet qui te touche ?
    C’est un sujet qui me touche car quand j’étais étudiante, mon souhait initial était de suivre une formation technique ; j’ai vite été freiné par mon environnement scolaire et même personnel, où l’on m’a bien fait comprendre qu’il ne fallait pas s’orienter vers ce type secteur « masculin ».
    Malgré tout, mon père m’a initié très tôt à sa passion entrepreneuriale, et un de mes meilleurs souvenirs, à ces débuts, ce sont ces moments passés ensemble dans notre garage où il me guidait dans l’apprentissage du fer à souder pour consolider des composants sur les cartes électroniques de nos produits !
    J’ai donc eu la chance de découvrir un secteur passionnant et aujourd’hui, il est important de donner cette opportunité à d’autres jeunes femmes.
     
    Quels sont les axes de travail à venir ?
    J’aimerai mettre en place au sein de réseau entreprendre, des réunions régulières avec chaque référente de Wom’energy en France et pourquoi pas à l’international. La raison ? Nous défendons toutes une cause commune autour de la mixité dans les organisations, dans les gouvernances ou dans l’accompagnement de nos lauréates. En travaillant ensemble sur ce qui nous passionne, nous serons à même d’apporter un essor à notre programme.
     
    Ton conseil aux femmes qui veulent réussir leur projet.
    N’hésitez pas à faire partie de réseaux, à communiquer sur vos projets et surtout OSER !
    Ne pas douter de ces COMPETENCES, prendre CONFIANCE EN SOI ET AGIR !!
  • Interview de Chantal Maurice, Déléguée régionale pour le groupe Orange en Guyane, Vice-présidente et référente Wom’Energy Réseau Entreprendre Guyane.

    Interview de Chantal Maurice, Déléguée régionale pour le groupe Orange en Guyane, Vice-présidente et référente Wom’Energy Réseau Entreprendre Guyane.

     
    Peux-tu te présenter en quelques mots ?
    Je m’appelle Chantal MAURICE, je représente le groupe Orange en Guyane en tant que Déléguée régionale depuis déjà 9 ans.
    Je suis Vice-Présidente de RE Guyane depuis plus de 7 ans. Je suis rentrée en tant que membre, puis le CA et rapidement au bureau. J’ai changé de mandat pour me consacrer à la promotion des femmes au sein du réseau, avec l’arrivée du programme Wom’Energy. Une synergie qui me parle car je suis active au sein du Medef et d’autres associations sur des programmes de stimulations d’entreprenariat au féminin.
    Quel est ton regard sur l’égalité-l’équité hommes et femmes ?
    Il me semble plus adéquat de parler d’équité de moyens pour permettre une égalité de chances. Chaque être et situation étant différents, l’accompagnement à mobiliser sera à adapter au cas par cas. Aujourd’hui encore, y compris dans nos sociétés dites « occidentalisées », les chances de réussite économique et sociale des femmes restent en-deçà de celles des hommes. Il s’agit donc de mettre en œuvre les actions nécessaires pour donner la possibilité aux femmes d’exprimer leurs talents sans que leur genre soit un frein.
    Pourquoi c’est un sujet qui te touche ?
    Je suis navrée de rencontrer tant de femmes qui à un moment de leur vie ont dû renoncer à leur projet professionnel et choisi de se sacrifier pour différentes raisons personnelles.
    En tant que femme, j’ai été amenée à faire des choix, prendre des positions, mener de front carrière professionnelle et vie familiale. Je veux agir pour que l’épanouissement professionnel d’une femme soit un chemin de vie et non plus un combat quotidien et énergivore contre la société. Il y a un équilibre social à trouver, voire à retrouver car le monde évolue. Il s’agit de conscientiser et accompagner la prise de conscience pour parvenir à cet équilibre, tout en évitant les effets de balanciers…
    Qu’as-tu mis en place dans ton association en faveur de l’entrepreneuriat au féminin ?
    À Réseau Entreprendre Guyane, nous avons toujours favorisé l’accompagnement pour les femmes.
    Il y a une prise de conscience sur l’entreprenariat féminin qui est moins dynamique que celle au masculin, or les projets de création sont là. Notamment sur le secteur informel avec des femmes qui ont un savoir-faire reconnu mais qui reste à trop petite échelle.
    Aussi en Guyane, les territoires de l’Ouest sont très dynamiques d’un point de vue démographique, mais avec des populations qui développent souvent des activités informelles à la maison. De nombreuses femmes sont dans cette situation. Nous avons tissé des liens avec d’autres associations et entrepreneurs de la région pour réussir à proposer une offre d’accompagnement et de structuration d’activité aux porteurs de projet de ces secteurs, dont beaucoup seraient des femmes.
     
    Quels sont les axes de travail à venir ?
    Déjà, recruter davantage de membres féminins. Eh oui, la répartition de nos membres est juste le reflet de la structuration du monde économique. Nous allons donc agir pour améliorer la mixité dans nos prochaines campagnes de recrutement. Notre plan d’action est déjà prêt.
    En parallèle, prêter une attention particulière aux femmes qui déposent des dossiers, afin d’augmenter leurs chances d’aller au bout de la démarche et passer en comité d’engagement. Cela passe par un suivi particulier pour les accompagner jusqu’au comité d’engagement.

    Ton conseil aux femmes qui veulent réussir leur projet.
    Un seul et unique conseil : croyez en VOUS ! Tout au long de la vie d’une femme cheffe d’entreprise, elle trouvera toujours nombre de fâcheux pour essayer de la dissuader de progresser, de développer et de se développer. « ce sera compliqué pour toi, ce n’est pas ton rôle, voire ta place, as-tu pensé à ta famille, tes enfants… » Autant de piques qui minent la confiance en soi et empêchent tant de se réaliser. Il y a toujours une voie possible entre ses ambitions et ses obligations.
     
    Que souhaiterais-tu partager avec tes homologues des associations internationales ?
    Le partage est source d’ouverture d’esprit et d’enrichissement mutuel. Je serais très intéressée par un échange régulier avec des femmes d’autres réseaux qui œuvrent pour la promotion de l’entrepreneuriat chez les femmes. Nous avons certainement des problématiques communes et de bonnes recettes à partager autre que dans le domaine de la cuisine, comme pourraient penser certains.
  • Emploi en 2022 : vent d’optimisme sur le recrutement en ce début d’année

    Emploi en 2022 : vent d’optimisme sur le recrutement en ce début d’année

    Réalisé chaque trimestre, le baromètre de l’emploi de Manpower, partenaire de Réseau Entreprendre®, présente des perspectives d’emploi très positives pour le 1er trimestre 2022.
    En effet, les intentions d’embauche en France se maintiennent à un niveau historiquement élevé pour le premier trimestre 2022 avec une prévision nette d’emploi à +26% d’embauche. 42% des employeurs sondés prévoient d’embaucher plus au premier trimestre 2022. Des intentions qui se retrouvent sur l’ensemble de l’Hexagone :
    +32% dans le Nord
    +32% en Ile-de-France
    +32 % dans l’Ouest
    +21% dans l’Est
    + 27% dans le Sud
    Plusieurs défis restent à relever pour les entreprises dans un contexte sanitaire mondial toujours incertain : 
    • profiter de ce courant d’optimisme pour engager des talents qui accompagnent leur croissance, 
    • co-construire les compétences qui alimentent les métiers de demain. 
    « Ce baromètre reflète la solidité de la reprise de l’économie française. Les anticipations des chefs d’entreprise reflètent la persistance de cette bonne orientation, même si on observe un léger repli par rapport au dernier trimestre 2021 » – Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France.
    Formulaire de contact vers un conseiller Manpower :
  • Interview de Chloé ANDRIAMIHAJA, lauréate Réseau Entreprendre sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Interview de Chloé ANDRIAMIHAJA, lauréate Réseau Entreprendre sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    J’ai passé une dizaine d’années à travailler dans l’agro-alimentaire. Comme j’ai eu une formation en école d’ingénieur et école de commerce, j’ai eu la chance de gérer des projets en tout genre : de l’installation de lignes de production, au lancement de nouveaux produits jusqu’à la revente d’une usine.
    Un jour, au cours d’un de mes projets, on a eu un problème avec des bouteilles de boissons qui explosaient dans les frigos. L’entreprise, qui venait tout juste d’annoncer que toutes les bouteilles auraient au moins 50% de plastique recyclé, décida de revenir à des bouteilles avec 0% de plastique recyclé pour résoudre le problème.
    C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic. Je me suis dit que je ne pouvais plus travailler pour une entreprise qui ne faisait pas ce qu’elle disait.A ce moment-là, je n’avais aucune idée de business.
    Tout ce que je savais, c’est que je voulais me lancer dans l’entrepreneuriat et créer une entreprise en accord avec mes valeurs.
    Comment pourrais-je aider les gens à adopter un mode de vie sain et responsable sans effort ? Comment se faire plaisir sans culpabiliser ?
    Et si je lançais un projet autour du bien-être responsable ?  Pour moi, cela signifiait d’abord d’allier nutrition saine et gourmande avec le zéro déchet. Je souhaitais aussi aider les gens à changer leurs habitudes de consommation.
    J’ai donc développé des produits responsables et des services pour accompagner les dirigeants et leurs collaborateurs dans leur démarche RSE.
    Avec mon équipe, j’ai conçu un de nos produits phare : un corner de pause avec la Source Mora Mora. Il s’agit d’un distributeur de boissons innovant pour bien s’hydrater et se libérer des pressions du quotidien, tout en faisant un geste pour la planète. Avec Mora Mora, changeons tout simplement nos habitudes de consommations !

     

    Avez-vous été confrontés à des difficultés/obstacles/freins au lancement de votre projet, si oui lesquels selon vous ?
    Au lancement de mon projet, j’avais été mise en garde sur la difficulté à lancer une startup industrielle en France. Après l’euphorie de quitter le salariat pour me lancer, j’ai été rapidement confrontée à la peur d’échouer et au manque de financement.
    Vous me direz que c’est le lot de la plupart des start-ups !
    Très vite, je me suis retrouvée avec 3 défis à relever :
    • Le premier défi, se lancer en solo. Mon entourage issu de la finance a essayé de m’en dissuader pour de mauvaises raisons, selon moi.
    • Le deuxième défi, c’était de savoir définir le projet et quoi lancer.
    • Le troisième défi, c’est de savoir qui écouter et que faire des conseils que je recevais. J’en recevais de tout le monde mais je m’étais rendue compte que, la plupart n’étaient ni pertinents ni adaptés à mon projet. Par exemple, mon entourage me poussait à faire une levée de fonds tel qu’on le voit dans les médias, alors que cela dépend du choix de l’entrepreneure.
    La peur d’échouer s’est atténuée au moment où j’ai compris que la pire des choses serait de redevenir salariée, ce qui en soi, n’est pas si grave !
    Ma 1ere grande décision : faire rentrer ma sœur en tant qu’associée. Ensuite, j’ai décidé de me faire confiance, de me fier à mon instinct et à mon esprit d’analyse pour mes prises de décision.
    J’ai réussi à passer par-dessus tout ce que les gens pensent, ce qui m’a d’ailleurs permis de libérer mon côté créatif et innovant.
    Perfectionniste avec une mentalité « test&learn », j’ai décidé de me dire que «je fais de mon mieux ».
     
    Vous êtes lauréate Réseau Entreprendre Essonne, qu’est-ce que l’association vous a apporté ?  
    Au-delà du prêt d’honneur qui m’a permis de mener à bien mes activités de R&D, être lauréate m’a apporté plus de rigueur et de cadre concernant le suivi de mon projet. Les rendez-vous mensuels avec mon accompagnateur me challengent beaucoup. Je suis sûre que c’est grâce à cela que mon projet va réussir sur le long terme.

     

    Quels sont les obstacles auxquels vous devez encore faire face pour la poursuite de votre projet entrepreneurial ? Comment les surmontez-vous ?
    Le gros obstacle à surmonter c’est le financement de la R&D et de l’industrialisation. Je suis en plein dans la recherche de prêt bancaire et des subventions.
    De plus, j’ai conscience que mon âge et être une femme sont parfois des freins. Il m’arrive donc de me faire accompagner, lors des réunions, par des hommes qui ont plus d’expérience du business.
     
    Si vous deviez donner 3 conseils à une future cheffe d’entreprise pour l’aider à se lancer et oser l’entrepreneuriat, que vous lui donneriez-vous ?
    Conseil n°1 : Faire un bilan personnel pour bien se connaitre et mettre en lumière ses passions.
    Conseil n°2 : Foncer et réaliser ses rêves avec passion.
    Conseil n°3 : Tester ses idées, apprendre et s’améliorer.
  • Interview de Bernice KOBOZO, lauréate Wom’Energy, sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Interview de Bernice KOBOZO, lauréate Wom’Energy, sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    Je suis ingénieur chimiste de formation. J’ai fait 3 ans d’alternance dans la distribution de matières premières pour les industries chimiques. J’ai pu découvrir les différents ingrédients cosmétiques, et cette expérience m’a permis d’avoir la connaissance nécessaire pour moi-même sélectionner les matières premières de mes produits cosmétiques. Ça m’a aussi permis de développer des compétences commerciales et marketing. Puis j’ai été technicienne de laboratoire dans un centre de recherche et dans un grand groupe à Londres.
    Donc j’ai cette double casquette et cette polyvalence que peut avoir un chef d’entreprise, avec un côté profil plutôt commercial et une formation de chimiste, très technique.
    Ça a été très formateur pour moi de travailler en Angleterre car j’y ai découvert une offre beaucoup plus importante qu’en France, avec plus de choix. En rentrant en France, j’ai voulu mettre ma pierre à l’édifice, et construire une marque française qui répondait aux besoins des personnes aux cheveux texturés
    Avec ma connaissance des matières première j’ai pu moi-même sélectionner mes ingrédients pour développer mes produits. Et grâce à mes compétences de chimiste, j’ai pu développer des produits en phase avec mes propres attentes.
    Avoir travaillé dans deux pays différents c’est aussi une richesse. Ça m’a apporté plus d’ouverture d’esprit pour gérer mon entreprise au quotidien et pour la relation que j’ai avec mes collaborateurs. J’ai intégré le programme Shaker de Genopole, l’un des plus grands centres européens de biotechnologies. Grâce à ce programme, j’ai pu disposer d’un laboratoire pour rechercher les meilleures compositions de mes produits, avant de créer ma société.
    Aujourd’hui cela fait un mois que notre marque est lancée. On développe des soins pour les cheveux texturés, et notre crème de soin est disponible à la vente sur notre site internet. Et très bientôt, on va lancer un soin lavant dont la composition s’adapte aux saisons.
    Aujourd’hui, nous sommes deux dans la société, j’ai une collaboratrice qui s’occupe de la partie communication marketing, mais j’espère bientôt agrandir l’équipe.
     
    Avez-vous été confrontés à des difficultés/obstacles/freins au lancement de votre projet, si oui lesquels selon vous ?
    Je suis sur un projet qui nécessite d’avoir accès à un laboratoire. Ce besoin d’accès a été un premier frein jusqu’à ce que je sois sélectionnée par Genopole. Ça aurait été compliqué de mener mon projet au bout sans avoir de moyen pour développer mon produit.
    La question du financement a été aussi un très gros frein. Genopole m’a orienté vers des partenaires et notamment Réseau Entreprendre. La recherche de financement a été une vraie épreuve, plus longue que prévue mais finalement une fois qu’on est entouré de bons partenaires, de bonnes personnes tout découle. Les partenaires me proposaient aussi un accompagnement donc ça a été bénéfique. La patience m’a apporté de bons interlocuteurs fait pour mon projet. Cela m’a apporté des partenaires qui ne sont pas là que pour de l’argent.
    Toutes les modalités autour de la création d’entreprise ont aussi été un obstacle. Quand on se lance on n’est pas forcément au fait de tout. Mais finalement ce sont des choses qui ne sont pas si compliquées que ça.
    Un autre frein a été le fait que je sois seule associée de ma société. Beaucoup d’interlocuteurs privilégient les projets portés par 2 ou 3 personnes. C’est plus rassurant pour eux par rapport à l’investissement et pour la grande quantité de travail que cela représente. J’ai préféré me lancer seule aujourd’hui parce que je n’ai pas trouvé la personne adéquate avec qui mener ce projet-là.
    Et puis enfin les délais. Chaque action entraine un délai qui parait assez long. Les délais administratifs peuvent nous faire perdre un mois. Donc les délais de latence sont un vrai frein.
    Les avez-vous totalement ou partiellement levés ?
    Ils sont totalement levés car j’ai bouclé mon plan de financement, j’ai trouvé mon labo et je suis entourée de mentors.
    Quels moyens avez-vous mis en place pour lever ces freins ? 
    La patience et le réseau. Je ne suis pas restée seule. L’écosystème m’a beaucoup aidé. Toutes les solutions à ces freins je les ai trouvées via mon réseau.
    Vous êtes lauréates Réseau Entreprendre Essonne, qu’est-ce que l’association vous a apporté ?  
    Enormément. Au niveau de la fonction du Réseau Entreprendre, cela m’apporte de l’accompagnement. J’améliore ma vision de la gestion de ma société. Ils m’aident à cibler mes priorités et à évaluer mes KPI. Le Réseau m’a apporté un mentor qui s’y connait dans mon secteur d’activité. Son avis et l’expérience qu’il m’apporte est très importante pour ma société. Cela me permet d’avoir un backup, des personnes qui peuvent me soutenir sur l’aspect financier et nous conseiller.
    Le club me permet d’avoir une ouverture d’esprit pour améliorer la gestion de ma société au quotidien. Ils permettent d’avoir des réflexions sur des thématiques d’entreprise que je n’aurais peut-être pas eues si je n’étais pas dans ce réseau.
     
    Quels sont les obstacles auxquels vous devez encore faire face pour la poursuite de votre projet entrepreneurial ?
    Je pense que c’est lié à mon secteur qui est très concurrentiel :
    • La visibilité de la marque sur le volet communication et marketing
    • Tout ce qui est lié à la rentabilité de ma société est un obstacle
    Comment les surmontez-vous ?
    J’essaie d’être la plus agile possible en restant pragmatique, en étant créative au jour le jour pour trouver de nouvelles idées qui permettent de développer mes produits.
    J’essaie de me fixer des objectifs à court terme pour être agile et ajuster ces objectifs au jour le jour pour atteindre mes objectifs de long terme.
     
    Si vous deviez donner 3 conseils à une future cheffe d’entreprise pour l’aider à se lancer et oser l’entrepreneuriat, que vous lui donneriez-vous ?
    1. Être sûre de soi, et ne surtout pas laisser paraître qu’on ne l’est pas. Bien préparer ses dossiers, bien préparer ses pitchs pour toujours être sûre de soi, et maîtriser son sujet.
    2. Ecouter et bien noter les feedback positifs et négatifs. Garder tous les retours qu’elle peut avoir sur son projet même si sur le moment elle peut ne pas être d’accord. Garder à l’esprit que même les mauvais retours peuvent nous faire avancer. Ça ne veut pas forcément dire qu’il faut y adhérer mais les écouter.
    3. Être opportuniste dans le sens où il faut saisir l’opportunité qui se crée, on n’en voit pas toujours la valeur peu importe, si ça fait partie de son plan ou du hasard il faut la saisir.
    4. Quatrième conseil, ne jamais prendre un non pour acquis. On ne vous dit pas toujours oui du premier abord. Ta capacité à être persistante va te permettre d’aller au bout de ton projet.
    Ce n’est pas parce qu’on te dit non 1 fois, 2 fois, 3 fois que c’est acquis. Ce n’est peut-être pas le bon timing, pas le bon interlocuteur, il manque quelque chose à retravailler. Il faut retenter une fois le projet retravaillé. En persistant un interlocuteur m’a dit oui. J’ai pris le temps de faire le point sur le feedback qu’on m’a donné quand on m’a dit non. Ça a été l’occasion de prendre du recul et d’améliorer mon projet et mon business plan.
     
    Le fait d’entreprendre en tant que femme est-il une difficulté selon vous ?
    Dans certains cas, ça a pu être une difficulté, mais ce n’est pas seulement mon genre qui a apporté cette difficulté. Mon jeune âge, ne m’a pas toujours aidé pour être crédible auprès de certains interlocuteurs.
    Mais chez tous les accompagnateurs que j’ai rencontrés il y a une réelle volonté et une dynamique d’inclure les femmes dans l’entrepreneuriat. Au-delà de l’aspect pratique, le fait d’avoir des retours d’expérience d’entrepreneures a été hyper important.
     
  • Interview de Sophiatou NDIYAE, lauréate Wom’ENergy sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Interview de Sophiatou NDIYAE, lauréate Wom’ENergy sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    Je suis issue du milieu des RH puisque j’ai été à la direction d’établissement pendant une dizaine d’années en tant que responsable RH dans le secteur de la distribution, du transport et de la logistique. C’est un milieu essentiellement masculin donc très formateur pour une femme. Il faut réussir à prendre sa place !
    Cette expérience m’a beaucoup inspirée pour la création de mon entreprise.
    En effet, j’avais, au-delà des sujets qui incombe à une RH (relations sociales, développement des compétences, santé au travail), la responsabilité de la mise en œuvre de la politique diversité au sein de mes établissements.
    Il est vrai que malgré une volonté forte de la direction des entreprises, il y avait beaucoup de réticences chez certains managers ou collègues de travail à intégrer ou à maintenir en emploi des personnes en situation de handicap. Moi-même, en tant que Responsable RH, j’étais parfois démunie fasse à certaines situations, par manque de connaissances des solutions existantes.
    La réflexion s’est donc posée créer une entreprise autour de la question du handicap en entreprise.
    Toutefois, j’étais une experte RH mais pas une cheffe d’entreprise, j’ai donc décidé en accord avec mon employeur, de faire une formation à l’ESSEC sur l’entrepreneuriat. L’objectif était de me donner toutes les bases au pilotage d’une entreprise. Au terme de la formation qui a duré un an, j’ai lancé la création de mon entreprise :  Yumaincap
    Yumaincap est une entreprise solidaire d’utilité sociale de par son statut d’entreprise adaptée. L’entreprise adaptée est une entreprise agréée par les services de l’Etat DREETS qui prend l’engagement de recruter majoritairement des personnes en situation de handicap et de les accompagner d’un point de vue socio-professionnel.
    A date, 5 de nos talents sur 7 sont en situation de handicap chez Yumaincap.
    Notre mission est double :
    • Accompagner les entreprises à piloter efficacement leur ressources humaines. Nous proposons ainsi un service RH externalisé, partagé et adapté ;
    • Accompagner les entreprises à renforcer leur politique handicap par le recrutement, la sensibilisation, la formation et l’accompagnement des salariés 
    Nous montrons ainsi à nos partenaires qu’une entreprise peut être performante, efficace et économiquement viable, tout en ayant un engagement fort par la diversité de notre équipe.
     
    Une des difficultés peut être la méconnaissance ou la crainte de certains interlocuteurs sur le caractère social du projet.
    C’était quelque chose d’assez nouveau dans le milieu des RH et il a fallu réussir à convaincre nos interlocuteurs que le projet était viable et réfléchi.
    Pour ce qui est du côté finance, pas de difficultés car les banques étaient favorables à me prêter les fonds ainsi que le Réseau Entreprendre et France active.
     
    La réticence financière était plutôt de mon côté à l’idée de faire un emprunt  
    Après avoir obtenu le prêt Réseau Entreprendre, je n’ai jamais sollicité de prêt bancaire.
    J’ai toujours été réticente au prêt et en début d’activité c’est une prise de risque que je n’ai pas voulu prendre. Je me suis dit « tu as le prêt Réseau Entreprendre, limite-toi à ce prêt-là, on ne sait jamais ».
    Dans cette phase de démarrage et n’ayant pas de visibilité, je voulais au maximum préserver mon entourage en cas d’échec et donc ne pas m’engager sur des prêts trop conséquents.
     
    Le fait que je me sois lancée seule sur le projet,
    Les interlocuteurs ont de la réticence quand vous êtes seule à bord. Ils vous disent « Comment elle va gérer une boite en étant seule associée, est ce qu’elle se sent capable de le faire ? » ou encore « quand allez-vous vous associer ?»
    Or, de mon côté, je n’avais pas forcément envie de m’associer. Donc il fallait justifier ma capacité à mener le projet à fond en étant maman de 3 enfants.
    J’ai toujours su allier ma vie de famille à ma vie professionnelle
    Le projet Yumaincap est aussi un projet de famille, avec un soutien sans faille de mon mari, mes enfants, mes parents ce qui permet d’avancer sereinement.
    Les avez-vous totalement ou partiellement levés ?
    J’ai encore des investissements à faire, mais je les autofinance, je ne fais toujours pas de prêt.
    J’ai bien conscience que ces prêts peuvent m’apporter un coup d’accélérateur et me permettre d’aller plus vite mais « non pour le moment ».
     
    Quels moyens avez-vous mis en place pour lever ces freins ? 
    Je ne cherche pas nécessairement à lever le frein car cela fait partie de ma philosophie.
    Je sollicite d’autres sources de financement pour me permettre d’avancer (subvention, love money).
     
    Vous êtes lauréates Réseau Entreprendre Essonne, qu’est-ce que l’association vous a apporté ?  
    Déjà l’association, au moment de ma candidature m’a donnée confiance et m’a aidée à être plus ambitieuse pour le projet.
    Dès le dépôt de ma candidature on m’a dit « tu peux aller plus loin parce qu’il y a du potentiel sur ton projet. » On m’a donné confiance pour être plus ambitieuse sur mes projections notamment du fait de l’innovation sociale de l’offre.
    Ensuite, le fait de ne pas rester seule d’avoir un mentor avec qui je pouvais partager était essentiel.
    Il me challengeait pour me faire voir les choses que je ne voulais pas regarder, me faire sortir de ma zone de confort et m’aider à prendre du recul.
    Enfin les clubs étaient la bouffée d’oxygène du mois pour échanger en toute transparence avec ses pairs, partager ses joies, ses inquiétudes et ses ambitions.
     
    Quels sont les obstacles auxquels vous devez encore faire face pour la poursuite de votre projet entrepreneurial ? Comment les surmontez-vous ?
    J’ai de nombreux projets en tête mais le fait d’être seule à tendance à ralentir mes ambitions.
    Cela m’amène à me poser la question de m’associer. « Seule on va vite à plusieurs on va plus loin ! »
     
    Si vous deviez donner 3 conseils à une future cheffe d’entreprise pour l’aider à se lancer et oser l’entrepreneuriat, que vous lui donneriez-vous ?
    Conseil n° 1
    Ne pas rester isolée donc se rapprocher d’associations comme le Réseau Entreprendre mais d’autres institutions comme la chambre de commerce, les fédérations patronales ou tous réseaux qui permet de rencontrer du monde, échanger et créer des synergies.
    Conseil n°2 Se faire confiance et ne pas avoir peur d’être ambitieuse : « au fond de nous on espère beaucoup mais on se dit non c’est trop ». Il faut faire confiance à ses projections et ses choix.
    Conseil n°3 Ne pas avoir peur de l’échec, en fait c’est souvent la peur de l’échec qui empêche d’avancer. Ne pas avoir peur et y aller.
  • Interview Croisée: Nicolas Péroche, Directeur d’agence Fiducial et Marc Ho-a-Chuck, Directeur Réseau Entreprendre Guyane

    Interview Croisée: Nicolas Péroche, Directeur d’agence Fiducial et Marc Ho-a-Chuck, Directeur Réseau Entreprendre Guyane

    Partenaire national de Réseau Entreprendre depuis 2017, plusieurs Directeurs d’agences de Fiducial se sont engagés auprès d’associations locales. Nicolas Péroche, Directeur d’agence Fiducial et Marc Ho-a-Chuck, Directeur Réseau Entreprendre Guyane témoignent de leurs parcours et de cette collaboration réussie.
     
    • Nicolas, vous êtes Directeur d’agence Fiducial et Membre de Réseau Entreprendre Guyane. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre engagement auprès de Réseau Entreprendre ?
    Je suis devenu membre de Réseau Entreprendre suite au partenariat avec Fiducial au niveau national. Au début je me demandais si j’allais pouvoir trouver suffisamment de temps pour m’investir.
    Mon engagement a commencé concrètement en fin 2017 à travers le programme des « Entrep’ » c’est un challenge de création d’entreprise par des étudiants et il s’agissait de les coacher sur leurs projets.
    Puis j’ai participé aux comités d’engagement sur le plan Corail 2 (attribution d’un prêt d’honneur suite à des difficultés conjoncturelles) et j’ai ensuite participé aux comités d’engagement pour les porteurs de projets. Enfin je suis devenu administrateur et Président de ce comité d’engagement en juin 2020.
     
    • Marc, pouvez-vous nous dire comment Réseau Entreprendre Guyane collabore avec Fiducial ? Pouvez-vous nous présenter des exemples de votre collaboration ?
    Nous sommes heureux de la relation que nous avons pu nouer avec Fiducial depuis l’arrivée de Nicolas en 2018, qui n’a fait qu’évoluer dans le temps. Elle a débuté avec des interventions de Nicolas en tant qu’intervenant dans le programme « Les Entrep’ Guyane » avant qu’il ne devienne membre, puis administrateur dans notre association s’impliquant ainsi de plus en plus.
    Aujourd’hui, nous avons la chance de l’avoir en tant que Président du Comité d’Engagement qui est une fonction importante. Nous pouvons bénéficier de son expérience et expertise en tant que directeur d’agence et expert-comptable pour la validation des porteurs de projet en lauréat. Ce sont également les qualités humaines de Nicolas, de bienveillance, d’écoute et de dialogue, qui lui permettent de conseiller au mieux les candidats et de gérer efficacement les comités. Nous espérons que cette collaboration avec Fiducial durera le plus longtemps possible avec Nicolas, ou ses successeurs.
    • Nicolas, un entrepreneur accompagné à deux fois plus de chance de pérenniser son entreprise. Comment voyez-vous le soutien de Fiducial aux entrepreneurs et à la création d’emplois en Guyane ?
     La Guyane est un département très dynamique en termes de création d’entreprises ; il s’agit essentiellement de TPE.
    Chez Fiducial nous intervenons en amont auprès des créateurs afin de les conseiller sur le choix du statut juridique de leur entreprise et sur le choix de statut social et fiscal le mieux adapté à leur situation de dirigeant.
    Nous accompagnons également les créateurs dans l’établissement des documents prévisionnels pour fixer les objectifs et pour obtenir des financements.
    Nous sommes bien-sûr sollicités pour l’établissement des comptes annuels.
    Nous intervenons lors la création d’emploi pour la rédaction des contrats de travail, pour le bénéfice d’exonérations sociales et d’aides à l’embauche …
     
    • Marc, Nicolas, quels conseils donneriez-vous, chacun, à d’autres territoires dans lesquels le partenariat Fiducial-Réseau Entreprendre existe, pour les aider à développer une relation de qualité comme la vôtre ?
    Marc : Je crois que les éléments essentiels sont l’Ecoute et la Bienveillance.
    Pour le directeur de réseau, il s’agit de savoir identifier le profil du directeur ou collaborateur de Fiducial, afin définir avec lui, comment il souhaite s’impliquer et quelles compétences, il peut apporter en fonction de ses disponibilités. Ensuite, c’est de l’organisation et de la souplesse. Prévoir les choses à l’avance afin de permettre au membre de programmer son agenda, tout en restant souple, face aux déprogrammations ou modifications possible.
     
    Nicolas : Dès le début j’ai été très bien accueilli par toute l’équipe de Réseau Entreprendre Guyane, ainsi que par Tony le Président et Marc le Directeur.
    Je pense qu’il faut avant tout s’inscrire dans la durée et multiplier les participations aux différents évènements de Réseau Entreprendre (comités d’engagement, accompagnements, coaching, conviviales, …) afin de mieux se connaître et de nouer de vraies relations entre les membres.
    Le Réseau Entreprendre c’est avant tout un partage de valeurs et de bienveillance ; nous avons la satisfaction de contribuer bénévolement à la création d’activités économiques et au développement de l’emploi local.
  • Interview croisée d’Antoine Gérard, chef d’entreprise et Philippe Cornu, directeur du marché des professionnels du Crédit Agricole sur les Coups Durs.

    Interview croisée d’Antoine Gérard, chef d’entreprise et Philippe Cornu, directeur du marché des professionnels du Crédit Agricole sur les Coups Durs.

    Souvent imprévisibles, les Coups Durs peuvent déstabiliser, voire fragiliser un entrepreneur et son entreprise. Attentifs à ces situations à risque, Réseau Entreprendre et le Crédit Agricole accompagnent, avec leur expertise, les entrepreneurs à travers différents dispositifs. Antoine Gérard, chef d’entreprise et référent du Groupe de Travail sur les « entrepreneurs en difficultés » de Réseau Entreprendre et Philippe Cornu, directeur du marché des professionnels du Crédit Agricole croisent leur regard et apportent leurs solutions pour y faire face.
     
    • Philippe Cornu – Durant sa vie d’entrepreneur, le chef d’entreprise rencontrera des situations difficiles et imprévisibles pouvant impacter son activité et le fragiliser. Pouvez-vous nous présenter les situations difficiles auxquelles les entrepreneurs que vous accompagnez peuvent faire face ?
    Les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les entrepreneurs sont multiples et peuvent impacter tous les aspects de leur vie.
    Je pense qu’il n’existe que très peu de frontière entre un chef d’entreprise et son entreprise. C’est-à-dire qu’un imprévu de santé, ou personnel pourra avoir des conséquences sur son activité professionnelle et inversement, qu’un imprévu professionnel peut avoir des répercussions sur la vie personnelle.
    Il convient donc de considérer la situation dans sa globalité et le Crédit Agricole, porte cette conviction dans l’accompagnement qu’il propose à travers son dispositif Coups Durs.
     
    • Antoine Gérard – Vous êtes chef d’entreprise et référent du Groupe de Travail sur les « entrepreneurs en difficultés » de Réseau Entreprendre. A ce titre, vous proposez aux entrepreneurs concernés un accompagnement basé sur l’écoute entre pairs. Pouvez-vous nous parler des actions simples et concrètes proposées aux chefs d’entreprise par Réseau Entreprendre ?
    Tout entrepreneur vit des périodes difficiles, liées à la vie de l’entreprise ou à sa propre existence. Sans parler de dépôt de bilan ou de difficultés financières qui focalisent toutes les attentions, le décès d’un associé, le divorce ou la perte d’un proche, un incendie de l’entreprise, ont un impact évident sur l’entrepreneur. Il peut alors perdre son envie, ne pas réussir à « passer le cap » et entraîner avec lui son entreprise dans des difficultés importantes. Dans ces situations, l’entrepreneur est encore plus seul qu’à l’accoutumé. Il nous est apparu, dans le Groupe de travail « Les difficultés des entrepreneurs » que l’échange entre pairs, ayant vécu les mêmes difficultés était la meilleure aide. Nous proposons donc le programme « Passer le Cap » qui consiste à la mise en relation entre les chefs d’entreprise vivant ces « emmerdes » et ceux qui les ont vécues (parfois difficilement) et ont su les dépasser. Nous mettons en place une formation pour les référents de « l’emmerde » afin qu’ils sachent accueillir les difficultés de leur interlocuteur, sans lui expliquer ce qu’il a à faire, mais pour lui permettre de dépasser la situation et de trouver les solutions qui existent en lui.
     
    • Philippe Cornu – Le Crédit Agricole a souhaité mettre en place le dispositif « Coups Durs » à destination des Chefs d’entreprise. Pouvez-vous nous présenter les motivations qui sous-tendent sa création et les bénéfices qu’un chef d’entreprise peut en retirer ?
    Le dispositif Coups Durs est un ensemble d’outils, à destination du conseiller bancaire et de nos clients professionnels et agriculteurs. Il vise à prévenir, traiter et accompagner dans le temps. 2 étapes sont essentielles dans ce dispositif, d’une part la capacité d’anticiper et de prévenir les potentiels imprévus qui placeraient l’entrepreneur dans une situation délicate et d’autre part lorsqu’une solution a été trouvée, la nécessité de continuer à échanger ensemble pour la consolider. Lors d’un imprévu, on se demande bien souvent vers qui se tourner. Et le conseiller dispose de solutions financières, d’assurances ou de fonctionnement de compte pour traiter l’urgence d’une situation. Mais il est également l’interlocuteur privilégié qui pourra vous orienter vers un expert dans un domaine spécifique.
     
    • Philippe Cornu – Quels conseils, basés sur votre expérience, pourriez-vous donner aux chefs d’entreprise du réseau ? Quels sont les signes qui doivent l’alerter et l’inciter à contacter son banquier ?
    Mon principal conseil est de ne pas rester seul. Restez entouré de professionnels comme votre partenaire à la création, votre conseiller bancaire et assureur ou encore votre expert-comptable. De plus, il faut contacter votre conseiller bancaire le plus rapidement possible afin de mettre en place une action qui pourra pérenniser votre entreprise. Si la banque est informée trop tard elle ne pourra surement plus intervenir. Tout ce que l’entrepreneur sait et qui pourrait présenter un risque pour lui, peut être présenté à son conseiller. Ainsi, nous pourrons analyser ensemble la situation et trouver une solution spécifique à l’entrepreneur.
     
    • Antoine Gérard – Le Crédit Agricole et Réseau Entreprendre ont décidé de lancer en Franche Comté une collaboration sur ces deux dispositifs complémentaires : pouvez-vous nous dire en quoi cela consistera ?
    L’accompagnement de chefs d’entreprise en difficulté ne peut être que volontaire. Un des enjeux importants du déploiement de ce programme est le repérage des entrepreneurs rencontrant des difficultés et de les convaincre de l’intérêt d’un tel accompagnement. Nous avons tous vécu des périodes de repli sur nous-mêmes où la difficulté nous empêchait l’ouverture et l’échange. La démarche demande d’avoir une vraie relation de confiance. Le Crédit Agricole possède des valeurs très proches du Réseau. Je peux témoigner des relations de confiance qui existent entre les caisses régionales et leurs clients (notamment en Franche-Comté où se situe mon entreprise). Nous avons donc prévu dans cette région une information de tous les chargés d’affaire entreprise afin qu’ils connaissent le programme « Passer le Cap ». La connaissance, parfois intime, de leurs clients permettra, à n’en pas douter, de mettre en relation des chefs d’entreprise en période de difficultés avec des référents « Passer le cap » afin de les aider à surmonter au mieux ces périodes difficiles de leur vie d’entrepreneur.
     
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