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Auteur/autrice : admin

  • Emploi en 2022 : vent d’optimisme sur le recrutement en ce début d’année

    Emploi en 2022 : vent d’optimisme sur le recrutement en ce début d’année

    Réalisé chaque trimestre, le baromètre de l’emploi de Manpower, partenaire de Réseau Entreprendre®, présente des perspectives d’emploi très positives pour le 1er trimestre 2022.
    En effet, les intentions d’embauche en France se maintiennent à un niveau historiquement élevé pour le premier trimestre 2022 avec une prévision nette d’emploi à +26% d’embauche. 42% des employeurs sondés prévoient d’embaucher plus au premier trimestre 2022. Des intentions qui se retrouvent sur l’ensemble de l’Hexagone :
    +32% dans le Nord
    +32% en Ile-de-France
    +32 % dans l’Ouest
    +21% dans l’Est
    + 27% dans le Sud
    Plusieurs défis restent à relever pour les entreprises dans un contexte sanitaire mondial toujours incertain : 
    • profiter de ce courant d’optimisme pour engager des talents qui accompagnent leur croissance, 
    • co-construire les compétences qui alimentent les métiers de demain. 
    « Ce baromètre reflète la solidité de la reprise de l’économie française. Les anticipations des chefs d’entreprise reflètent la persistance de cette bonne orientation, même si on observe un léger repli par rapport au dernier trimestre 2021 » – Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France.
    Formulaire de contact vers un conseiller Manpower :
  • Interview de Chloé ANDRIAMIHAJA, lauréate Réseau Entreprendre sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Interview de Chloé ANDRIAMIHAJA, lauréate Réseau Entreprendre sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    J’ai passé une dizaine d’années à travailler dans l’agro-alimentaire. Comme j’ai eu une formation en école d’ingénieur et école de commerce, j’ai eu la chance de gérer des projets en tout genre : de l’installation de lignes de production, au lancement de nouveaux produits jusqu’à la revente d’une usine.
    Un jour, au cours d’un de mes projets, on a eu un problème avec des bouteilles de boissons qui explosaient dans les frigos. L’entreprise, qui venait tout juste d’annoncer que toutes les bouteilles auraient au moins 50% de plastique recyclé, décida de revenir à des bouteilles avec 0% de plastique recyclé pour résoudre le problème.
    C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic. Je me suis dit que je ne pouvais plus travailler pour une entreprise qui ne faisait pas ce qu’elle disait.A ce moment-là, je n’avais aucune idée de business.
    Tout ce que je savais, c’est que je voulais me lancer dans l’entrepreneuriat et créer une entreprise en accord avec mes valeurs.
    Comment pourrais-je aider les gens à adopter un mode de vie sain et responsable sans effort ? Comment se faire plaisir sans culpabiliser ?
    Et si je lançais un projet autour du bien-être responsable ?  Pour moi, cela signifiait d’abord d’allier nutrition saine et gourmande avec le zéro déchet. Je souhaitais aussi aider les gens à changer leurs habitudes de consommation.
    J’ai donc développé des produits responsables et des services pour accompagner les dirigeants et leurs collaborateurs dans leur démarche RSE.
    Avec mon équipe, j’ai conçu un de nos produits phare : un corner de pause avec la Source Mora Mora. Il s’agit d’un distributeur de boissons innovant pour bien s’hydrater et se libérer des pressions du quotidien, tout en faisant un geste pour la planète. Avec Mora Mora, changeons tout simplement nos habitudes de consommations !

     

    Avez-vous été confrontés à des difficultés/obstacles/freins au lancement de votre projet, si oui lesquels selon vous ?
    Au lancement de mon projet, j’avais été mise en garde sur la difficulté à lancer une startup industrielle en France. Après l’euphorie de quitter le salariat pour me lancer, j’ai été rapidement confrontée à la peur d’échouer et au manque de financement.
    Vous me direz que c’est le lot de la plupart des start-ups !
    Très vite, je me suis retrouvée avec 3 défis à relever :
    • Le premier défi, se lancer en solo. Mon entourage issu de la finance a essayé de m’en dissuader pour de mauvaises raisons, selon moi.
    • Le deuxième défi, c’était de savoir définir le projet et quoi lancer.
    • Le troisième défi, c’est de savoir qui écouter et que faire des conseils que je recevais. J’en recevais de tout le monde mais je m’étais rendue compte que, la plupart n’étaient ni pertinents ni adaptés à mon projet. Par exemple, mon entourage me poussait à faire une levée de fonds tel qu’on le voit dans les médias, alors que cela dépend du choix de l’entrepreneure.
    La peur d’échouer s’est atténuée au moment où j’ai compris que la pire des choses serait de redevenir salariée, ce qui en soi, n’est pas si grave !
    Ma 1ere grande décision : faire rentrer ma sœur en tant qu’associée. Ensuite, j’ai décidé de me faire confiance, de me fier à mon instinct et à mon esprit d’analyse pour mes prises de décision.
    J’ai réussi à passer par-dessus tout ce que les gens pensent, ce qui m’a d’ailleurs permis de libérer mon côté créatif et innovant.
    Perfectionniste avec une mentalité « test&learn », j’ai décidé de me dire que «je fais de mon mieux ».
     
    Vous êtes lauréate Réseau Entreprendre Essonne, qu’est-ce que l’association vous a apporté ?  
    Au-delà du prêt d’honneur qui m’a permis de mener à bien mes activités de R&D, être lauréate m’a apporté plus de rigueur et de cadre concernant le suivi de mon projet. Les rendez-vous mensuels avec mon accompagnateur me challengent beaucoup. Je suis sûre que c’est grâce à cela que mon projet va réussir sur le long terme.

     

    Quels sont les obstacles auxquels vous devez encore faire face pour la poursuite de votre projet entrepreneurial ? Comment les surmontez-vous ?
    Le gros obstacle à surmonter c’est le financement de la R&D et de l’industrialisation. Je suis en plein dans la recherche de prêt bancaire et des subventions.
    De plus, j’ai conscience que mon âge et être une femme sont parfois des freins. Il m’arrive donc de me faire accompagner, lors des réunions, par des hommes qui ont plus d’expérience du business.
     
    Si vous deviez donner 3 conseils à une future cheffe d’entreprise pour l’aider à se lancer et oser l’entrepreneuriat, que vous lui donneriez-vous ?
    Conseil n°1 : Faire un bilan personnel pour bien se connaitre et mettre en lumière ses passions.
    Conseil n°2 : Foncer et réaliser ses rêves avec passion.
    Conseil n°3 : Tester ses idées, apprendre et s’améliorer.
  • Interview de Bernice KOBOZO, lauréate Wom’Energy, sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Interview de Bernice KOBOZO, lauréate Wom’Energy, sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    Je suis ingénieur chimiste de formation. J’ai fait 3 ans d’alternance dans la distribution de matières premières pour les industries chimiques. J’ai pu découvrir les différents ingrédients cosmétiques, et cette expérience m’a permis d’avoir la connaissance nécessaire pour moi-même sélectionner les matières premières de mes produits cosmétiques. Ça m’a aussi permis de développer des compétences commerciales et marketing. Puis j’ai été technicienne de laboratoire dans un centre de recherche et dans un grand groupe à Londres.
    Donc j’ai cette double casquette et cette polyvalence que peut avoir un chef d’entreprise, avec un côté profil plutôt commercial et une formation de chimiste, très technique.
    Ça a été très formateur pour moi de travailler en Angleterre car j’y ai découvert une offre beaucoup plus importante qu’en France, avec plus de choix. En rentrant en France, j’ai voulu mettre ma pierre à l’édifice, et construire une marque française qui répondait aux besoins des personnes aux cheveux texturés
    Avec ma connaissance des matières première j’ai pu moi-même sélectionner mes ingrédients pour développer mes produits. Et grâce à mes compétences de chimiste, j’ai pu développer des produits en phase avec mes propres attentes.
    Avoir travaillé dans deux pays différents c’est aussi une richesse. Ça m’a apporté plus d’ouverture d’esprit pour gérer mon entreprise au quotidien et pour la relation que j’ai avec mes collaborateurs. J’ai intégré le programme Shaker de Genopole, l’un des plus grands centres européens de biotechnologies. Grâce à ce programme, j’ai pu disposer d’un laboratoire pour rechercher les meilleures compositions de mes produits, avant de créer ma société.
    Aujourd’hui cela fait un mois que notre marque est lancée. On développe des soins pour les cheveux texturés, et notre crème de soin est disponible à la vente sur notre site internet. Et très bientôt, on va lancer un soin lavant dont la composition s’adapte aux saisons.
    Aujourd’hui, nous sommes deux dans la société, j’ai une collaboratrice qui s’occupe de la partie communication marketing, mais j’espère bientôt agrandir l’équipe.
     
    Avez-vous été confrontés à des difficultés/obstacles/freins au lancement de votre projet, si oui lesquels selon vous ?
    Je suis sur un projet qui nécessite d’avoir accès à un laboratoire. Ce besoin d’accès a été un premier frein jusqu’à ce que je sois sélectionnée par Genopole. Ça aurait été compliqué de mener mon projet au bout sans avoir de moyen pour développer mon produit.
    La question du financement a été aussi un très gros frein. Genopole m’a orienté vers des partenaires et notamment Réseau Entreprendre. La recherche de financement a été une vraie épreuve, plus longue que prévue mais finalement une fois qu’on est entouré de bons partenaires, de bonnes personnes tout découle. Les partenaires me proposaient aussi un accompagnement donc ça a été bénéfique. La patience m’a apporté de bons interlocuteurs fait pour mon projet. Cela m’a apporté des partenaires qui ne sont pas là que pour de l’argent.
    Toutes les modalités autour de la création d’entreprise ont aussi été un obstacle. Quand on se lance on n’est pas forcément au fait de tout. Mais finalement ce sont des choses qui ne sont pas si compliquées que ça.
    Un autre frein a été le fait que je sois seule associée de ma société. Beaucoup d’interlocuteurs privilégient les projets portés par 2 ou 3 personnes. C’est plus rassurant pour eux par rapport à l’investissement et pour la grande quantité de travail que cela représente. J’ai préféré me lancer seule aujourd’hui parce que je n’ai pas trouvé la personne adéquate avec qui mener ce projet-là.
    Et puis enfin les délais. Chaque action entraine un délai qui parait assez long. Les délais administratifs peuvent nous faire perdre un mois. Donc les délais de latence sont un vrai frein.
    Les avez-vous totalement ou partiellement levés ?
    Ils sont totalement levés car j’ai bouclé mon plan de financement, j’ai trouvé mon labo et je suis entourée de mentors.
    Quels moyens avez-vous mis en place pour lever ces freins ? 
    La patience et le réseau. Je ne suis pas restée seule. L’écosystème m’a beaucoup aidé. Toutes les solutions à ces freins je les ai trouvées via mon réseau.
    Vous êtes lauréates Réseau Entreprendre Essonne, qu’est-ce que l’association vous a apporté ?  
    Enormément. Au niveau de la fonction du Réseau Entreprendre, cela m’apporte de l’accompagnement. J’améliore ma vision de la gestion de ma société. Ils m’aident à cibler mes priorités et à évaluer mes KPI. Le Réseau m’a apporté un mentor qui s’y connait dans mon secteur d’activité. Son avis et l’expérience qu’il m’apporte est très importante pour ma société. Cela me permet d’avoir un backup, des personnes qui peuvent me soutenir sur l’aspect financier et nous conseiller.
    Le club me permet d’avoir une ouverture d’esprit pour améliorer la gestion de ma société au quotidien. Ils permettent d’avoir des réflexions sur des thématiques d’entreprise que je n’aurais peut-être pas eues si je n’étais pas dans ce réseau.
     
    Quels sont les obstacles auxquels vous devez encore faire face pour la poursuite de votre projet entrepreneurial ?
    Je pense que c’est lié à mon secteur qui est très concurrentiel :
    • La visibilité de la marque sur le volet communication et marketing
    • Tout ce qui est lié à la rentabilité de ma société est un obstacle
    Comment les surmontez-vous ?
    J’essaie d’être la plus agile possible en restant pragmatique, en étant créative au jour le jour pour trouver de nouvelles idées qui permettent de développer mes produits.
    J’essaie de me fixer des objectifs à court terme pour être agile et ajuster ces objectifs au jour le jour pour atteindre mes objectifs de long terme.
     
    Si vous deviez donner 3 conseils à une future cheffe d’entreprise pour l’aider à se lancer et oser l’entrepreneuriat, que vous lui donneriez-vous ?
    1. Être sûre de soi, et ne surtout pas laisser paraître qu’on ne l’est pas. Bien préparer ses dossiers, bien préparer ses pitchs pour toujours être sûre de soi, et maîtriser son sujet.
    2. Ecouter et bien noter les feedback positifs et négatifs. Garder tous les retours qu’elle peut avoir sur son projet même si sur le moment elle peut ne pas être d’accord. Garder à l’esprit que même les mauvais retours peuvent nous faire avancer. Ça ne veut pas forcément dire qu’il faut y adhérer mais les écouter.
    3. Être opportuniste dans le sens où il faut saisir l’opportunité qui se crée, on n’en voit pas toujours la valeur peu importe, si ça fait partie de son plan ou du hasard il faut la saisir.
    4. Quatrième conseil, ne jamais prendre un non pour acquis. On ne vous dit pas toujours oui du premier abord. Ta capacité à être persistante va te permettre d’aller au bout de ton projet.
    Ce n’est pas parce qu’on te dit non 1 fois, 2 fois, 3 fois que c’est acquis. Ce n’est peut-être pas le bon timing, pas le bon interlocuteur, il manque quelque chose à retravailler. Il faut retenter une fois le projet retravaillé. En persistant un interlocuteur m’a dit oui. J’ai pris le temps de faire le point sur le feedback qu’on m’a donné quand on m’a dit non. Ça a été l’occasion de prendre du recul et d’améliorer mon projet et mon business plan.
     
    Le fait d’entreprendre en tant que femme est-il une difficulté selon vous ?
    Dans certains cas, ça a pu être une difficulté, mais ce n’est pas seulement mon genre qui a apporté cette difficulté. Mon jeune âge, ne m’a pas toujours aidé pour être crédible auprès de certains interlocuteurs.
    Mais chez tous les accompagnateurs que j’ai rencontrés il y a une réelle volonté et une dynamique d’inclure les femmes dans l’entrepreneuriat. Au-delà de l’aspect pratique, le fait d’avoir des retours d’expérience d’entrepreneures a été hyper important.
     
  • Interview de Sophiatou NDIYAE, lauréate Wom’ENergy sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Interview de Sophiatou NDIYAE, lauréate Wom’ENergy sur les freins rencontrés par les lauréates sur les difficultés d’entreprendre.

    Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
    Je suis issue du milieu des RH puisque j’ai été à la direction d’établissement pendant une dizaine d’années en tant que responsable RH dans le secteur de la distribution, du transport et de la logistique. C’est un milieu essentiellement masculin donc très formateur pour une femme. Il faut réussir à prendre sa place !
    Cette expérience m’a beaucoup inspirée pour la création de mon entreprise.
    En effet, j’avais, au-delà des sujets qui incombe à une RH (relations sociales, développement des compétences, santé au travail), la responsabilité de la mise en œuvre de la politique diversité au sein de mes établissements.
    Il est vrai que malgré une volonté forte de la direction des entreprises, il y avait beaucoup de réticences chez certains managers ou collègues de travail à intégrer ou à maintenir en emploi des personnes en situation de handicap. Moi-même, en tant que Responsable RH, j’étais parfois démunie fasse à certaines situations, par manque de connaissances des solutions existantes.
    La réflexion s’est donc posée créer une entreprise autour de la question du handicap en entreprise.
    Toutefois, j’étais une experte RH mais pas une cheffe d’entreprise, j’ai donc décidé en accord avec mon employeur, de faire une formation à l’ESSEC sur l’entrepreneuriat. L’objectif était de me donner toutes les bases au pilotage d’une entreprise. Au terme de la formation qui a duré un an, j’ai lancé la création de mon entreprise :  Yumaincap
    Yumaincap est une entreprise solidaire d’utilité sociale de par son statut d’entreprise adaptée. L’entreprise adaptée est une entreprise agréée par les services de l’Etat DREETS qui prend l’engagement de recruter majoritairement des personnes en situation de handicap et de les accompagner d’un point de vue socio-professionnel.
    A date, 5 de nos talents sur 7 sont en situation de handicap chez Yumaincap.
    Notre mission est double :
    • Accompagner les entreprises à piloter efficacement leur ressources humaines. Nous proposons ainsi un service RH externalisé, partagé et adapté ;
    • Accompagner les entreprises à renforcer leur politique handicap par le recrutement, la sensibilisation, la formation et l’accompagnement des salariés 
    Nous montrons ainsi à nos partenaires qu’une entreprise peut être performante, efficace et économiquement viable, tout en ayant un engagement fort par la diversité de notre équipe.
     
    Une des difficultés peut être la méconnaissance ou la crainte de certains interlocuteurs sur le caractère social du projet.
    C’était quelque chose d’assez nouveau dans le milieu des RH et il a fallu réussir à convaincre nos interlocuteurs que le projet était viable et réfléchi.
    Pour ce qui est du côté finance, pas de difficultés car les banques étaient favorables à me prêter les fonds ainsi que le Réseau Entreprendre et France active.
     
    La réticence financière était plutôt de mon côté à l’idée de faire un emprunt  
    Après avoir obtenu le prêt Réseau Entreprendre, je n’ai jamais sollicité de prêt bancaire.
    J’ai toujours été réticente au prêt et en début d’activité c’est une prise de risque que je n’ai pas voulu prendre. Je me suis dit « tu as le prêt Réseau Entreprendre, limite-toi à ce prêt-là, on ne sait jamais ».
    Dans cette phase de démarrage et n’ayant pas de visibilité, je voulais au maximum préserver mon entourage en cas d’échec et donc ne pas m’engager sur des prêts trop conséquents.
     
    Le fait que je me sois lancée seule sur le projet,
    Les interlocuteurs ont de la réticence quand vous êtes seule à bord. Ils vous disent « Comment elle va gérer une boite en étant seule associée, est ce qu’elle se sent capable de le faire ? » ou encore « quand allez-vous vous associer ?»
    Or, de mon côté, je n’avais pas forcément envie de m’associer. Donc il fallait justifier ma capacité à mener le projet à fond en étant maman de 3 enfants.
    J’ai toujours su allier ma vie de famille à ma vie professionnelle
    Le projet Yumaincap est aussi un projet de famille, avec un soutien sans faille de mon mari, mes enfants, mes parents ce qui permet d’avancer sereinement.
    Les avez-vous totalement ou partiellement levés ?
    J’ai encore des investissements à faire, mais je les autofinance, je ne fais toujours pas de prêt.
    J’ai bien conscience que ces prêts peuvent m’apporter un coup d’accélérateur et me permettre d’aller plus vite mais « non pour le moment ».
     
    Quels moyens avez-vous mis en place pour lever ces freins ? 
    Je ne cherche pas nécessairement à lever le frein car cela fait partie de ma philosophie.
    Je sollicite d’autres sources de financement pour me permettre d’avancer (subvention, love money).
     
    Vous êtes lauréates Réseau Entreprendre Essonne, qu’est-ce que l’association vous a apporté ?  
    Déjà l’association, au moment de ma candidature m’a donnée confiance et m’a aidée à être plus ambitieuse pour le projet.
    Dès le dépôt de ma candidature on m’a dit « tu peux aller plus loin parce qu’il y a du potentiel sur ton projet. » On m’a donné confiance pour être plus ambitieuse sur mes projections notamment du fait de l’innovation sociale de l’offre.
    Ensuite, le fait de ne pas rester seule d’avoir un mentor avec qui je pouvais partager était essentiel.
    Il me challengeait pour me faire voir les choses que je ne voulais pas regarder, me faire sortir de ma zone de confort et m’aider à prendre du recul.
    Enfin les clubs étaient la bouffée d’oxygène du mois pour échanger en toute transparence avec ses pairs, partager ses joies, ses inquiétudes et ses ambitions.
     
    Quels sont les obstacles auxquels vous devez encore faire face pour la poursuite de votre projet entrepreneurial ? Comment les surmontez-vous ?
    J’ai de nombreux projets en tête mais le fait d’être seule à tendance à ralentir mes ambitions.
    Cela m’amène à me poser la question de m’associer. « Seule on va vite à plusieurs on va plus loin ! »
     
    Si vous deviez donner 3 conseils à une future cheffe d’entreprise pour l’aider à se lancer et oser l’entrepreneuriat, que vous lui donneriez-vous ?
    Conseil n° 1
    Ne pas rester isolée donc se rapprocher d’associations comme le Réseau Entreprendre mais d’autres institutions comme la chambre de commerce, les fédérations patronales ou tous réseaux qui permet de rencontrer du monde, échanger et créer des synergies.
    Conseil n°2 Se faire confiance et ne pas avoir peur d’être ambitieuse : « au fond de nous on espère beaucoup mais on se dit non c’est trop ». Il faut faire confiance à ses projections et ses choix.
    Conseil n°3 Ne pas avoir peur de l’échec, en fait c’est souvent la peur de l’échec qui empêche d’avancer. Ne pas avoir peur et y aller.
  • Interview Croisée: Nicolas Péroche, Directeur d’agence Fiducial et Marc Ho-a-Chuck, Directeur Réseau Entreprendre Guyane

    Interview Croisée: Nicolas Péroche, Directeur d’agence Fiducial et Marc Ho-a-Chuck, Directeur Réseau Entreprendre Guyane

    Partenaire national de Réseau Entreprendre depuis 2017, plusieurs Directeurs d’agences de Fiducial se sont engagés auprès d’associations locales. Nicolas Péroche, Directeur d’agence Fiducial et Marc Ho-a-Chuck, Directeur Réseau Entreprendre Guyane témoignent de leurs parcours et de cette collaboration réussie.
     
    • Nicolas, vous êtes Directeur d’agence Fiducial et Membre de Réseau Entreprendre Guyane. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre engagement auprès de Réseau Entreprendre ?
    Je suis devenu membre de Réseau Entreprendre suite au partenariat avec Fiducial au niveau national. Au début je me demandais si j’allais pouvoir trouver suffisamment de temps pour m’investir.
    Mon engagement a commencé concrètement en fin 2017 à travers le programme des « Entrep’ » c’est un challenge de création d’entreprise par des étudiants et il s’agissait de les coacher sur leurs projets.
    Puis j’ai participé aux comités d’engagement sur le plan Corail 2 (attribution d’un prêt d’honneur suite à des difficultés conjoncturelles) et j’ai ensuite participé aux comités d’engagement pour les porteurs de projets. Enfin je suis devenu administrateur et Président de ce comité d’engagement en juin 2020.
     
    • Marc, pouvez-vous nous dire comment Réseau Entreprendre Guyane collabore avec Fiducial ? Pouvez-vous nous présenter des exemples de votre collaboration ?
    Nous sommes heureux de la relation que nous avons pu nouer avec Fiducial depuis l’arrivée de Nicolas en 2018, qui n’a fait qu’évoluer dans le temps. Elle a débuté avec des interventions de Nicolas en tant qu’intervenant dans le programme « Les Entrep’ Guyane » avant qu’il ne devienne membre, puis administrateur dans notre association s’impliquant ainsi de plus en plus.
    Aujourd’hui, nous avons la chance de l’avoir en tant que Président du Comité d’Engagement qui est une fonction importante. Nous pouvons bénéficier de son expérience et expertise en tant que directeur d’agence et expert-comptable pour la validation des porteurs de projet en lauréat. Ce sont également les qualités humaines de Nicolas, de bienveillance, d’écoute et de dialogue, qui lui permettent de conseiller au mieux les candidats et de gérer efficacement les comités. Nous espérons que cette collaboration avec Fiducial durera le plus longtemps possible avec Nicolas, ou ses successeurs.
    • Nicolas, un entrepreneur accompagné à deux fois plus de chance de pérenniser son entreprise. Comment voyez-vous le soutien de Fiducial aux entrepreneurs et à la création d’emplois en Guyane ?
     La Guyane est un département très dynamique en termes de création d’entreprises ; il s’agit essentiellement de TPE.
    Chez Fiducial nous intervenons en amont auprès des créateurs afin de les conseiller sur le choix du statut juridique de leur entreprise et sur le choix de statut social et fiscal le mieux adapté à leur situation de dirigeant.
    Nous accompagnons également les créateurs dans l’établissement des documents prévisionnels pour fixer les objectifs et pour obtenir des financements.
    Nous sommes bien-sûr sollicités pour l’établissement des comptes annuels.
    Nous intervenons lors la création d’emploi pour la rédaction des contrats de travail, pour le bénéfice d’exonérations sociales et d’aides à l’embauche …
     
    • Marc, Nicolas, quels conseils donneriez-vous, chacun, à d’autres territoires dans lesquels le partenariat Fiducial-Réseau Entreprendre existe, pour les aider à développer une relation de qualité comme la vôtre ?
    Marc : Je crois que les éléments essentiels sont l’Ecoute et la Bienveillance.
    Pour le directeur de réseau, il s’agit de savoir identifier le profil du directeur ou collaborateur de Fiducial, afin définir avec lui, comment il souhaite s’impliquer et quelles compétences, il peut apporter en fonction de ses disponibilités. Ensuite, c’est de l’organisation et de la souplesse. Prévoir les choses à l’avance afin de permettre au membre de programmer son agenda, tout en restant souple, face aux déprogrammations ou modifications possible.
     
    Nicolas : Dès le début j’ai été très bien accueilli par toute l’équipe de Réseau Entreprendre Guyane, ainsi que par Tony le Président et Marc le Directeur.
    Je pense qu’il faut avant tout s’inscrire dans la durée et multiplier les participations aux différents évènements de Réseau Entreprendre (comités d’engagement, accompagnements, coaching, conviviales, …) afin de mieux se connaître et de nouer de vraies relations entre les membres.
    Le Réseau Entreprendre c’est avant tout un partage de valeurs et de bienveillance ; nous avons la satisfaction de contribuer bénévolement à la création d’activités économiques et au développement de l’emploi local.
  • Faut-il impliquer ses actionnaires dans sa stratégie de croissance ?

    Faut-il impliquer ses actionnaires dans sa stratégie de croissance ?

    Web TV. Thibaut Bechetoille

    Thibaut Bechetoille, CEO de Qosmos et membre de Réseau Entreprendre Paris, grâce à son parcours, vous apporte des conseils sur la coopération à mettre en place avec vos actionnaires.

    [re-quote class= »big » tweet= »yes » width= »650px » margin= »0 0 40px 0″]  Il faut que l’investisseur soit vu comme un partenaire par l’entrepreneur [/re-quote]
  • Interview croisée d’Antoine Gérard, chef d’entreprise et Philippe Cornu, directeur du marché des professionnels du Crédit Agricole sur les Coups Durs.

    Interview croisée d’Antoine Gérard, chef d’entreprise et Philippe Cornu, directeur du marché des professionnels du Crédit Agricole sur les Coups Durs.

    Souvent imprévisibles, les Coups Durs peuvent déstabiliser, voire fragiliser un entrepreneur et son entreprise. Attentifs à ces situations à risque, Réseau Entreprendre et le Crédit Agricole accompagnent, avec leur expertise, les entrepreneurs à travers différents dispositifs. Antoine Gérard, chef d’entreprise et référent du Groupe de Travail sur les « entrepreneurs en difficultés » de Réseau Entreprendre et Philippe Cornu, directeur du marché des professionnels du Crédit Agricole croisent leur regard et apportent leurs solutions pour y faire face.
     
    • Philippe Cornu – Durant sa vie d’entrepreneur, le chef d’entreprise rencontrera des situations difficiles et imprévisibles pouvant impacter son activité et le fragiliser. Pouvez-vous nous présenter les situations difficiles auxquelles les entrepreneurs que vous accompagnez peuvent faire face ?
    Les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les entrepreneurs sont multiples et peuvent impacter tous les aspects de leur vie.
    Je pense qu’il n’existe que très peu de frontière entre un chef d’entreprise et son entreprise. C’est-à-dire qu’un imprévu de santé, ou personnel pourra avoir des conséquences sur son activité professionnelle et inversement, qu’un imprévu professionnel peut avoir des répercussions sur la vie personnelle.
    Il convient donc de considérer la situation dans sa globalité et le Crédit Agricole, porte cette conviction dans l’accompagnement qu’il propose à travers son dispositif Coups Durs.
     
    • Antoine Gérard – Vous êtes chef d’entreprise et référent du Groupe de Travail sur les « entrepreneurs en difficultés » de Réseau Entreprendre. A ce titre, vous proposez aux entrepreneurs concernés un accompagnement basé sur l’écoute entre pairs. Pouvez-vous nous parler des actions simples et concrètes proposées aux chefs d’entreprise par Réseau Entreprendre ?
    Tout entrepreneur vit des périodes difficiles, liées à la vie de l’entreprise ou à sa propre existence. Sans parler de dépôt de bilan ou de difficultés financières qui focalisent toutes les attentions, le décès d’un associé, le divorce ou la perte d’un proche, un incendie de l’entreprise, ont un impact évident sur l’entrepreneur. Il peut alors perdre son envie, ne pas réussir à « passer le cap » et entraîner avec lui son entreprise dans des difficultés importantes. Dans ces situations, l’entrepreneur est encore plus seul qu’à l’accoutumé. Il nous est apparu, dans le Groupe de travail « Les difficultés des entrepreneurs » que l’échange entre pairs, ayant vécu les mêmes difficultés était la meilleure aide. Nous proposons donc le programme « Passer le Cap » qui consiste à la mise en relation entre les chefs d’entreprise vivant ces « emmerdes » et ceux qui les ont vécues (parfois difficilement) et ont su les dépasser. Nous mettons en place une formation pour les référents de « l’emmerde » afin qu’ils sachent accueillir les difficultés de leur interlocuteur, sans lui expliquer ce qu’il a à faire, mais pour lui permettre de dépasser la situation et de trouver les solutions qui existent en lui.
     
    • Philippe Cornu – Le Crédit Agricole a souhaité mettre en place le dispositif « Coups Durs » à destination des Chefs d’entreprise. Pouvez-vous nous présenter les motivations qui sous-tendent sa création et les bénéfices qu’un chef d’entreprise peut en retirer ?
    Le dispositif Coups Durs est un ensemble d’outils, à destination du conseiller bancaire et de nos clients professionnels et agriculteurs. Il vise à prévenir, traiter et accompagner dans le temps. 2 étapes sont essentielles dans ce dispositif, d’une part la capacité d’anticiper et de prévenir les potentiels imprévus qui placeraient l’entrepreneur dans une situation délicate et d’autre part lorsqu’une solution a été trouvée, la nécessité de continuer à échanger ensemble pour la consolider. Lors d’un imprévu, on se demande bien souvent vers qui se tourner. Et le conseiller dispose de solutions financières, d’assurances ou de fonctionnement de compte pour traiter l’urgence d’une situation. Mais il est également l’interlocuteur privilégié qui pourra vous orienter vers un expert dans un domaine spécifique.
     
    • Philippe Cornu – Quels conseils, basés sur votre expérience, pourriez-vous donner aux chefs d’entreprise du réseau ? Quels sont les signes qui doivent l’alerter et l’inciter à contacter son banquier ?
    Mon principal conseil est de ne pas rester seul. Restez entouré de professionnels comme votre partenaire à la création, votre conseiller bancaire et assureur ou encore votre expert-comptable. De plus, il faut contacter votre conseiller bancaire le plus rapidement possible afin de mettre en place une action qui pourra pérenniser votre entreprise. Si la banque est informée trop tard elle ne pourra surement plus intervenir. Tout ce que l’entrepreneur sait et qui pourrait présenter un risque pour lui, peut être présenté à son conseiller. Ainsi, nous pourrons analyser ensemble la situation et trouver une solution spécifique à l’entrepreneur.
     
    • Antoine Gérard – Le Crédit Agricole et Réseau Entreprendre ont décidé de lancer en Franche Comté une collaboration sur ces deux dispositifs complémentaires : pouvez-vous nous dire en quoi cela consistera ?
    L’accompagnement de chefs d’entreprise en difficulté ne peut être que volontaire. Un des enjeux importants du déploiement de ce programme est le repérage des entrepreneurs rencontrant des difficultés et de les convaincre de l’intérêt d’un tel accompagnement. Nous avons tous vécu des périodes de repli sur nous-mêmes où la difficulté nous empêchait l’ouverture et l’échange. La démarche demande d’avoir une vraie relation de confiance. Le Crédit Agricole possède des valeurs très proches du Réseau. Je peux témoigner des relations de confiance qui existent entre les caisses régionales et leurs clients (notamment en Franche-Comté où se situe mon entreprise). Nous avons donc prévu dans cette région une information de tous les chargés d’affaire entreprise afin qu’ils connaissent le programme « Passer le Cap ». La connaissance, parfois intime, de leurs clients permettra, à n’en pas douter, de mettre en relation des chefs d’entreprise en période de difficultés avec des référents « Passer le cap » afin de les aider à surmonter au mieux ces périodes difficiles de leur vie d’entrepreneur.
     
  • Pour fêter ses 20 ans, Réseau Entreprendre Occitanie Garonne a invité Stéphane Mallard.

    Pour fêter ses 20 ans, Réseau Entreprendre Occitanie Garonne a invité Stéphane Mallard.

    Pour fêter ses 20 ans, Réseau Entreprendre Occitanie Garonne a invité Stéphane Mallard 
    « Entrepreneurs : les nouveaux équilibristes. Se transformer sans perdre son âme », c’est le thème de la conférence qu’a donné Stéphane Mallard, auteur de ‘Disruption’, à l’occasion de la soirée anniversaire des 20 ans de Réseau Entreprendre Occitanie Garonne, le 7 décembre dernier, à Toulouse. 
    « Le paradigme dans lequel nous entrons avec les nouvelles technologies nous oblige à changer notre état d’esprit et nos manières d’appréhender le travail et le business au sens large », a expliqué ce jeune entrepreneur spécialiste de la transformation digitale.   
    Pour lui, le nouveau monde sera celui de l’expérience exceptionnelle, de la fluidité et de la facilité. Pour s’y préparer, les entrepreneurs devront adopter les méthodes et techniques des géants de l’internet, performantes, mais contre-intuitives au premier abord. « Vous, entrepreneurs, êtes déjà dans un monde de flexibilité, et vous avez un temps d’avance.   
    Mais pour utiliser ces méthodes avec succès, vous allez devoir apprendre à penser contre vous-mêmes, a souligné l’intervenant, s’adressant à un public de 300 personnes constitué de lauréats, membres, partenaires ou prospects de l’association. Il faut que chacun travaille sa capacité à faire sa propre révolution, c’est la clé du monde de demain ! » Des propos résolument disruptifs qui n’ont pas manqué de faire bouger les lignes lors de cette soirée placée sous le signe de l’audace ! 
  • Extrait du livre de B. Tesson : Réussir comme dirigeant.e

    Extrait du livre de B. Tesson : Réussir comme dirigeant.e

     
     
     

    Prévenir son isolement

     
    Au risque de vous surprendre, nous annonçons tout de go que nous militons pour la solitude du dirigeant. La vie est si dense qu’on a parfois l’impression d’entrer dans un tunnel le lundi matin dont on ne sortira que le vendredi soir, à condition de ne pas mourir asphyxié au milieu.
    Il n’est juste pas possible de prendre des décisions engageantes dans le flot du quotidien. Car il doit y avoir pour cela des moments de réflexion, de confrontation des idées, et des moments de décantation. Tous les grands leaders de l’histoire tels que Jésus, Gandhi, Nelson Mandela, ont vécu des moments de retraite dans la solitude, choisis ou imposés, avant d’engager l’action.
    Sans doute expérimentez-vous souvent qu’une idée formidable germe dans votre cerveau à un moment absolument pas prévu pour cela. Ce n’est pas bizarre, c’est normal. Il faut même que le cerveau soit « débrayé » pour qu’il vous offre ce cadeau.
    Alors, le dirigeant ne doit pas se priver de ces moments de solitude. Plus que cela, il doit les prévoir. Malheureusement, beaucoup de dirigeants sont entravés dans des croyances qui rendent cela difficile. Combien de fois avons-nous entendu ceci : « Le dirigeant doit être exemplaire ! Je mets mon point d’honneur à arriver le premier à l’entreprise et à repartir le dernier. »
    Nous ne remettons pas en question le principe de chercher à être exemplaire. Nous invitons seulement à choisir les bons combats. Etre exemplaire sur le respect des valeurs de l’entreprise, oui. Etre exemplaire sur les exigences demandées aux autres, oui.
    Mais être exemplaire sur le nombre d’heures (visibles) de travail nous semble réducteur. Le dirigeant n’est pas rémunéré pour des heures passées dans l’entreprise. Il y a des moments de solitude qui peuvent rapporter gros à celle-ci.  Alors oui à la solitude et non à l’isolement.
    Il y a des décisions qu’on doit prendre seul parce qu’on est le dirigeant. Ce n’est pas une raison pour construire seul ces décisions. Seul, on s’expose aux effets de biais et à ses croyances limitantes. Avec d’autres, on bénéficie de l’intelligence collective.
    Il y a maintes façons de prévenir l’isolement : intégrer des réseaux de dirigeants, se former, faire appel à des conseils, etc., mais en premier lieu, mettre en place une saine gouvernance dans l’entreprise. Le dirigeant est seul, surtout s’il le veut bien. C’est pourquoi, nous allons maintenant nous intéresser à un très bon moyen de diriger de manière plus collégiale : en impliquant son premier cercle (…)
    Vos collaborateurs directs sont compétents et très engagés chacun dans leur fonction. Pourtant, l’entreprise grandissant et se complexifiant, vous déplorez des bugs dans l’organisation et de la lenteur dans les prises de décisions. Vous restez seul à porter les préoccupations qui relèvent de la direction générale. Et cette situation commence à vous peser. Vous rencontrez une limite, pour vous et pour l’entreprise. Le moment est probablement venu de vous questionner sur la mobilisation de votre premier cercle, à travers ce que l’on appelle classiquement un comité de direction.
    Beaucoup de dirigeants de start-up et de PME n’apprécient pas ce terme qu’ils trouvent pompeux et exagéré par rapport aux attributions qu’ils envisageraient de donner à ce comité. De ce fait, en rejetant le terme et l’organe qu’il désigne, ils se privent d’un moyen précieux de franchir un cap et porter plus loin le développement de leur entreprise.
    Si c’est votre cas également, nous vous invitons à laisser de côté le terme pour un autre qui vous convient mieux. Par souci de simplicité, nous utiliserons ici le terme codir.
    Il est utile de rappeler que le comité de direction n’a pas d’existence juridique en tant que telle. C’est une pratique qui s’est développée dans les entreprises et notamment dans celles qui se préoccupent de leur pérennité et de leur développement.
    La mise en place d’un codir et son animation exposent cependant le dirigeant à un certain nombre de difficultés pour trois raisons majeures :
    • la taille de l’entreprise et le préjugé consistant à croire que le codir n’existe que dans les grands groupes ;
    • la réticence et/ou les difficultés du dirigeant à développer une collégialité dans la prise de décision ;
    • le manque de discipline organisationnelle. En effet, les qualités professionnelles et personnelles de chacun de ses membres ne suffisent pas à rendre un codir performant.
    C’est pourquoi, le constat que nous faisons souvent dans les entreprises est que, si on est en général valorisé en intégrant un codir, la réalité vécue est souvent désillusion. Voici ce que l’on entend le plus :
    On ne nous a pas indiqué la mission du codir.
    J’ai souvent l’impression de perdre mon temps.
    Nos réunions sont mal préparées.
    On discute et on ne décide pas.
    On rediscute toujours des mêmes points.
    On décide et puis plus rien…
    Certaines décisions sont prises en dehors du codir sans qu’on sache pourquoi. 
    On est installé dans une routine insupportable.
    J’en ai assez des affrontements de personnalités.
    Le codir, c’est un peu la cour du dirigeant.
    Ces constats sont d’autant plus regrettables que le fonctionnement d’un CODIR est un investissement significatif pour l’entreprise.
    Prenons l’exemple d’une PME dont le codir de 7 personnes se réunit 2 heures toutes les semaines pendant 48 semaines. Voici l’ordre de grandeur du coût : 7 x 2 x 48 x 100 € = environ 70 K€.
    Quel dirigeant accepterait d’investir dans une machine qui revient à 70 K€ par an, sans exiger que celle-ci donne à plein régime et sans en organiser la maintenance ?
    Nous ne disons pas qu’il faut absolument mettre en place un codir. Nous disons que si vous choisissez de diriger avec un codir, votre intérêt est de le faire très bien.
    Pour vous guider dans la réflexion et l’action, nous vous proposons de commencer par un état des lieux de la manière dont vous dirigez votre entreprise, avant d’émettre des bonnes pratiques de composition et d’animation d’un codir, issues de l’expérience de dirigeants. Ces bonnes pratiques sont à considérer comme des repères pour construire l’organisation qui sera adaptée à votre situation particulière. Nous savons aussi qu’entre diriger seul et diriger avec un codir, toutes les graduations sont possibles et le chemin est progressif. Vous devez cependant entrer dans un fonctionnement cohérent. Nous vous proposerons donc une série de questions à vous poser pour passer de la situation dans laquelle vous vous trouvez à la situation que vous désirez.(…)
     

    Les enjeux du projet d’entreprise

     
    Vous avez créé une entreprise autour d’un projet. Il vous a probablement fallu le formaliser pour convaincre votre environnement, vos partenaires, vos premiers collaborateurs. Tous – et cela vous a aidé – ont voulu vérifier qu’il existait un marché au-delà d’un besoin détecté. Ils ont voulu s’assurer que votre modèle économique était viable. La traduction chiffrée de l’activité économique et financière de votre entreprise à travers un business plan a nourri la confiance de tous dans la pérennité du projet. Même si probablement tous étaient conscients que la réalité serait différente de ces projections…
    Ce projet a guidé les premiers pas de l’entreprise et vous a donné un élan formidable pour traverser les premières années et surmonter tous les obstacles qui n’ont pas manqué de survenir. Après quelques années de confrontation à la réalité du marché qui lui-même a évolué, il est très probable que ce projet ne constitue plus réellement un moteur. Vous sentez bien que l’ambition doit être revue, que les projections doivent être actualisées. Vous n’appréhendez plus votre positionnement, les atouts et les faiblesses de l’entreprise comme vous l’aviez fait quelques années plus tôt. Vous sentez que vous avez besoin de donner un nouvel élan à l’entreprise. Si vous avez conscience de cela, c’est que vous êtes réellement un entrepreneur !
     
    Nous sommes effarés de voir tant d’entreprises vivre sans projet ! Elles sont embarquées dans un cycle d’exploitation : vendre – produire – facturer – vendre – produire… Leur seule manière d’assurer leur pérennité est d’être sérieuses, de fidéliser leurs clients (ce qui est déjà formidable) et de prier pour que la conjoncture se maintienne ou s’améliore. Dans le meilleur des cas, toute projection dans l’avenir se résume à un budget prévisionnel qui est la reconduction du précédent avec une seule variable : l’évolution du CA (et son impact sur les autres postes).
    En même temps, elles ne font pas de lien entre ces chiffres et des dispositions à prendre pour les atteindre. Ces entreprises stagnent faute de volonté, faute de sens, faute de perspectives, faute d’enjeux, faute de motivation pour les équipes.
    Il y a aussi les dirigeants qui savent très bien où ils veulent conduire l’entreprise. Ils le savent tellement qu’ils pensent que tous leurs collaborateurs le savent aussi ! Ils se lamentent sur le fait que ceux-ci ne prennent pas assez d’initiative, ils déplorent un manque d’engagement.
    Pour transformer les obstacles en opportunités, il faut un projet fort, partagé pour que chacun sache où l’on va. Il est temps de soulever une question fondamentale que posent parfois les dirigeants : est-ce une obligation de se développer ? Certes non. Il est en revanche nécessaire d’évoluer et de s’adapter, car le monde évolue et l’environnement de l’entreprise change. Une entreprise qui ne s’organise pas pour s’adapter en continu risque de perdre sa raison d’être, sa pertinence. Et c’est bien au dirigeant que revient cette responsabilité de la pérennité de l’entreprise. Dès lors que l’entreprise s’organise pour s’adapter, si elle se trouve sur un marché porteur, elle a des chances de se développer.
    Au sujet de la croissance, on trouve chez les dirigeants, deux écoles : ceux qui sont centrés sur des objectifs de croissance et mettent l’entreprise en ordre de marche pour les atteindre ; ceux qui s’intéressent surtout à la performance de l’entreprise et voient la croissance comme la résultante de celle-ci.
    C’est important pour vous d’être conscient de votre approche sur ces sujets. Quelle qu’elle soit, vous éprouvez le besoin de doter votre entreprise d’un projet.
     De même que les personnes donnent du sens à leur vie, ont des envies et engagent des projets, les entreprises ont un projet, permettent aux collaborateurs de donner du sens à leur travail, de porter collectivement une ambition et de se projeter individuellement et collectivement dans l’avenir. Un projet d’entreprise doit être enthousiasmant, déployable et partagé. Il doit donner envie de se lever le matin. Il doit susciter la fierté.
    Qui doit construire le projet de l’entreprise ? De quoi est-il fait? Comment s’y prendre concrètement ? La réponse à cette question est vaste. Parce qu’elle dépend du modèle d’entreprise, de sa structure, de sa culture, de la volonté d’implication des actionnaires. Nous y avons apporté des réponses dans le chapitre sur la mission du dirigeant. Ce qui est certain, c’est que ceux qui sont le plus souvent oubliés, sont ceux et celles qui seront les plus importants pour sa mise en oeuvre, ceux et celles qui vivent la réalité de l’entreprise au quotidien et la connaissent le mieux, ceux et celles qui sont le plus en contact avec les clients et qui sont aussi ceux et celles dont l’entreprise est le seul gagne-pain : les salariés.
    Il y a pourtant des entreprises – comme le Groupe Adeo (100 000 collaborateurs) et sa filiale principale Leroy-Merlin – qui engagent régulièrement tous leurs salariés dans un processus de vision. Retenons que tous les acteurs internes ou externes en capacité de nourrir le projet de l’entreprise peuvent être contributeurs. Leur nombre n’est pas limité en soi. En pratique, il dépend des capacités d’animation dont on peut se doter pour l’exercice.
    Une fois le projet construit et formalisé, on s’arrête pour le valider. On, c’est-à- dire, les parties prenantes ou leurs représentants. Dans certaines organisations, seuls les actionnaires ont voix au chapitre pour valider la stratégie. Dans d’autres, dont la gouvernance est plus élaborée, d’autres parties prenantes sont impliquées.
    L’une des responsabilités du dirigeant est d’assurer que l’entreprise dispose d’un projet, que toutes les parties prenantes le partagent, en sont les promotrices et les actrices, que l’entreprise consacre l’énergie et les moyens nécessaires pour que la situation rêvée puisse advenir.
     
    Le leader porte son attention au monde
    Le leader porte une attention au monde qui l’entoure, parce que c’est son terrain de jeu, parce qu’il se sent pleinement partie prenante et acteur de son évolution. Lorsqu’on se sent vivant, qu’on a des projets, qu’on a confiance en soi et qu’on aime la vie, alors on voit le monde comme un allié. Quand on aime une personne, on s’intéresse à elle. Il en est de même avec le monde dans toutes ses dimensions : géographique, politique et géopolitique, économique, sociale, culturelle, spirituelle. Les dirigeants peuvent s’intéresser ainsi au monde naturellement et en grand. Et dans ce cas, ils sont prédisposés à l’engagement dans des réseaux et projets collectifs. Ils peuvent aussi s’intéresser au monde simplement par nécessité́, plus strictement en lien avec leur marché et leur secteur d’activité́. Dans ces zones d’rechanges entre soi et le monde, les dirigeants s’exposent à deux risques. Le premier est, face à trop de complexité́, de « fermer les volets » et rester centré sur soi et son action. Le second est celui de se rendre trop perméable et déstabilisé́. Il en va de l’exposition au monde et aux informations comme de l’exposition au soleil. Je peux, par crainte des coups de soleil, rester enfermé dans ma maison et de ce fait me priver du bon air. Je peux à l’inverse m’exposer au soleil sans retenue et me laisser brûler avec des conséquences immédiates et différées. Je peux aussi choisir de m’exposer à certaines heures, pour une certaine durée avec des filtres devant les yeux et sur la peau. Dans ces trois situations, il s’agit du même soleil et de trois comportements différents. Cette métaphore illustre la gestion de l’information. Nous avons tous potentiellement accès à la même information. Quel comportement allons-nous développer pour nous informer ? Avec quel bénéfice ?
    Distinguer sa zone de préoccupation et sa zone d’influence
    Les informations qui viennent à nous atteignent et alimentent en premier notre zone de préoccupation. Lorsque notre zone de préoccupation est très chargée, nous ressentons des émotions désagréables : inquiétude, peur, découragement, confusion. C’est d’autant plus regrettable que pour la plupart des informations reçues, nous ne pouvons rien en faire. Elles sont donc inutiles et néfastes. Certaines, au contraire, peuvent alimenter une autre zone : notre zone d’influence. C’est le lieu où les informations rencontrent notre capacité́ à agir, à orienter, à impacter. Nous devons nous y concentrer. Les personnes réactives sont aspirées dans leur zone de préoccupation. Elles y accumulent de nombreuses informations et la surchargent. Elles subissent, elles sont victimes, elles se plaignent. Les personnes proactives traitent les informations se trouvant dans leur zone de préoccupation : soit en décidant de les évacuer, soit en les transférant dans leur zone d’influence. Elles agissent, elles sont orientées impact.
    Le schéma qui suit présente d’une part la zone de préoccupation – plus externe –, en contact avec le monde et les informations qui en arrivent ; et d’autre part, la zone d’influence – plus interne –, en contact avec nos moteurs et notre capacité́ à agir.
     
    Qualifier les informations pour « dégonfler » sa zone de préoccupation
    Une saine gestion de l’information consiste à limiter sa zone de préoccupation, de deux manières : en filtrant ce qui vient du monde, en transférant les informations retenues dans sa zone d’influence. Plus on passe de temps dans sa zone de préoccupation, plus celle-ci se charge, plus l’on est stressé. Plus on passe de temps dans sa zone d’influence, plus on est acteur et énergisé́.
    Les questions à se poser : quel crédit est-ce que j’accorde à cette information ? En quoi suis-je concerné par celle-ci ? Quel est son impact pour moi ? Quelles sont les options pour passer à l’action ?
     
     
  • Sortie du livre “Réussir comme dirigeant / construire son action – oser être soi” par Bruno Tesson

    Sortie du livre “Réussir comme dirigeant / construire son action – oser être soi” par Bruno Tesson

    Interview de Bruno Tesson, Président fondateur du Campus des Dirigeants (ex DG de la fédération Réseau Entreprendre entre 2006 et 2014)  à l’occasion de la sortie du livre qu’il a coécrit avec Virginie son épouse : Réussir comme dirigeant / construire son action – oser être soi. A paraître le 19 janvier 2022 chez DUNOD
    Bruno Tesson, pourquoi ce livre ?
    Tout simplement parce que nos expériences à Virginie et à moi-même ont fait naître en nous des convictions sur la mission de dirigeant et la manière de l’exercer. Nous avions envie de partager ces convictions à toutes celles et ceux qui s’intéressent au métier de dirigeant, qui l’exercent, qui s’y préparent, ou qui accompagnent des dirigeants.
    J’ai été très marqué par mon expérience Réseau Entreprendre. J’ai vraiment réalisé avec ce que j’ai pu observer des parcours des lauréats qu’entrepreneur et dirigeant n’étaient pas synonymes. Entrepreneur relève d’aptitudes naturelles. Dirigeant, c’est un métier.  Et comme tout métier il s’apprend. Et pourtant, très souvent, on le découvre « sur le tas » en le pratiquant… Cela présente certaines vertus… mais ça expose au risque de tâtonnements et d’erreurs qui peuvent être parfois très douloureux et coûteux. Il arrive d’ailleurs que le dirigeant qui est le potentiel de développement de son entreprise – c’est bien ce qui nous motive pour l’accompagner chez Réseau Entreprendre – en devienne lui-même sa limite. Faute de savoir structurer son action de dirigeant. Faute aussi de prendre de l’étoffe humaine quand l’entreprise grandit. Et quand celle-ci se développe sous un couvercle, ça peut devenir explosif ! J’ai aussi entendu souvent des accompagnateurs de Réseau Entreprendre toucher les limites de leur propre accompagnement, lorsque l’entrepreneur manque de vision de son métier de dirigeant.
    Nous avons cherché à écrire le livre que j’aurais aimé trouver la première fois que je suis devenu dirigeant.  Il m’aurait éclairé, m’aurait permis d’être plus confiant, plus efficient… plus serein.
    De quoi est fait ce livre ?
    Le lecteur y trouvera des clés pour construire son action de dirigeant (comme par exemple prendre de la hauteur, mobiliser et animer son 1er cercle, construire le projet de l’entreprise, faire des choix managériaux clairs…). Des clés aussi pour se développer dans sa personne : aller à la rencontre de soi-même, apprendre à s’apprécier, se faire confiance, oser être soi, s’affirmer dans sa personne avancer sur le chemin du leadership et pour certains, diriger avec son âme, et amener les équipes au-delà de ce qu’elles pensaient possible. 
    Très concrètement, cela prend la forme d’un ensemble de bonnes pratiques issues de l’expérience de dirigeants, des récits d’histoires vécues, des repères plus conceptuels lorsque cela est nécessaire, et des ateliers pratiques pour passer à l’action.
    Je pense que les candidats et lauréats des programmes Booster et Ambition de Réseau Entreprendre y retrouverons de façon développée ce que j’aborde avec eux dans le séminaire « Etre et Agir en dirigeant de croissance ».
    Comment définiriez-vous la singularité de votre livre ?
    C’est très certainement dans le mix entre hardskills et softskills qui pour nous se renforcent les unes les autres et que nous développons dans ce livre. C’est quand un dirigeant associe ces aptitudes complémentaires qu’il fait la différence.
    Avec Virginie vous êtes associés au Campus des Dirigeants, associés dans la vie de tous les jours, vous avez écrit ce livre ensemble qu’est-ce que ça a été comme expérience ? 
    Globalement une très belle et bonne expérience pour nous. Une occasion nouvelle d’éprouver nos complémentarités à la fois professionnelles et dans l’écriture. 
    Ecrire à deux, nous a permis de challenger nos idées. Ce n’est pas toujours confortable. Mais cela a été très positif et porteur de mieux par rapport à ce que chacun de nous, seul, aurait pu écrire.
    Vous dédiez ce livre à quelqu’un qui nous est évidemment très cher chez Réseau Entreprendre…
    Effectivement…nous avons dédié ce livre à André Mulliez. Nous avons eu la chance Virginie et moi de cotoyer André. Je lui dois beaucoup, comme nous tous chez Réseau Entreprendre n’est-ce pas ?
     
    Interview complète de Bruno et Virginie Tesson à l’occasion de la sortie de leur livre
                                                                                                                                                                            
    Rendez-vous donc le 19 janvier en librairie ou les sites de e-commerce.
     
     
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