La réponse est unanime : c’est faux ! Un bon entrepreneur anticipe. Il a conscience des dangers et détecte les signaux faibles.
Lucas et Didier sont d’accord : l’entrepreneur est dans un mouvement continuel d’adaptation à son marché, son environnement. Mais François nous met en garde : pivoter ne veut absolument pas dire tout changer. Quand on pivote, on garde un pied fixe au sol, et c’est l’autre pied qui bouge. On ne se réinvente pas totalement mais on évolue.
La prise de risque est inhérente au parcours de l’entrepreneur. Et c’est dans les moments de crise que les paris sont les plus risqués. Pivoter est une prise de risque, et c’est très souvent dans la culture de l’entreprise. Lucas a une associée, Caroline, qui est très téméraire, « pro-risque », alors que lui-même y est moins enclin. C’est cette alliance de tempéraments qui a permis à Ignition Program de développer une culture de l’innovation tout en structurant des cadres solides pour rester concentrer sur la mission de l’entreprise.
A l’occasion de son tour de table de 2017, Pop Chef a été lâché par son principal actionnaire. Les choses semblaient très mal engagées ce qui a poussé les fondateurs à ouvrir plusieurs scénarios pour envisager l’avenir sous de multiples angles. C’est finalement le scénario E – séparation de la majeure partie de l’équipe et pivot vers le BtoB – qui s’est révélé le bon pour la suite de l’entreprise. Pour pivoter, il faut donc être réaliste et prendre les décisions extrêmement rapidement.
Deux dimensions essentielles : la capacité à prendre du recul et à la faculté à observer les signaux faibles. Il faut avoir une grande humilité et savoir se remettre en cause.
Pour François, la clé, c’est la transparence sur les chiffres et sur la situation de l’entreprise. Même quand la situation est critique, les salariés doivent avoir un maximum d’informations. Les non-dits peuvent coûter cher. Chez Pop Chef, 8 employés sont restés pour faire pivoter l’entreprise : ils ont tous reçu des parts au capital de l’entreprise et se sont sentis co-fondateurs de ce nouveau projet. Le pivot doit être avant tout une aventure collective !
Il faut – tant que possible – voir la crise comme une opportunité de se réinventer. La période est propice à l’innovation et il y a de grosses opportunités à saisir ! Cependant, il faut garder la raison d’être de l’entreprise au centre des prises de décision. C’est elle qui rassemble et unit les équipes dans l’adversité.
Pivoter, c’est adapter son entreprise à son marché. Le pivot se doit d’être une aventure collective et il est indispensable d’impliquer un maximum ses parties prenantes. La crise du Covid-19 est une opportunité pour les entreprises de se remettre en question et de se réinventer. En guise de boussole, la raison d’être de l’entreprise !
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