Les opportunités environnementales à relocaliser sont également nombreuses. Parmi celles-ci, notons : la réduction des gaz à effets de serre générés par les importations et l’opportunité d’avoir recours à des circuits courts. Ainsi, l’économie circulaire, est une économie qui met sur le marché des produits sains, recyclables et qui peuvent être retournés dans des cycles de production. C’est une opportunité de réponse à notre besoin de matières premières locales ; en allant vers un usage différent de la matière, la France réduirait sa dépendance et son empreinte écologique.
Enfin, les opportunités géopolitiques. Si réajuster les balances commerciales et rétablir un équilibre entre les pays tels que la France et la Chine est une des externalités de la relocalisation, faire redécouvrir au monde la valeur de ses territoires, en permettant à chaque pays de tirer profit de ses ressources, est également un attendu.
La délocalisation a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, et la question des emplois créés dans les pays ateliers se pose : qu’adviendront-ils si nos entreprises s’installent de nouveau en France ? Quelles économies de substitution pensons-nous pour des pays qui vivent intégralement de l’export de production que nous souhaitons relocaliser ? De plus, il est impossible de s’affranchir de la géographie des ressources et nous ne pourrons retrouver une souveraineté dans toutes les industries.
L’impact écologique de la relocalisation est à mesurer. En effet, en externalisant la production dans les pays ateliers, nous externalisons également les effets sur la biodiversité et les déchets liés à celle-ci. La relocalisation doit être verte et se baser sur la résilience des territoires, afin de développer une écologie industrielle. A ce titre-là, les entrepreneurs et petites unités de production sont des facilitateurs pour des grosses entités qui souhaitent relocaliser une partie de leur activité. Faire accepter au consommateur la juste rémunération des producteurs représente un réel enjeu aujourd’hui. Une dé–corrélation entre l’intention des consommateurs à mieux consommer et la réalité, guidée par le prix d’achat, est constatée. Un travail d’éducation des consommateurs est à prévoir pour accompagner les relocalisations.
La crise du Coronavirus accélère la prise de conscience de notre dépendance à des entreprises lointaines, qui viennent entraver la possibilité de protéger et soigner les citoyens français. Si la relocalisation partielle ou totale de certaines industries est nécessaire, une autarcie économique ne semble pour autant pas une solution viable sur le long terme ; l’internationalisation des politiques, ressources et chaînes de production semble être un élément clé pour faire face à des crises similaires à celle que nous traversons.